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À San Francisco, Virginie Simon, élue meilleure entrepreneur française de Californie

Diplômée de l'UTC filière Biotechnologie et docteur de l'UPMC en génétique, Virginie Simon a co-fondé MyScienceWork en 2010. Présente à l'origine en France et au Luxembourg, la plateforme numérique de mutualisation et d'analyse des publications scientifiques et technologiques, a créé une filiale en Californie dès 2014. Sa créatrice a reçu en mai dernier un prix de la Chambre de commerce franco-américaine à San-Francisco pour récompenser son installation réussie sur la côte ouest.

À San Francisco, Virginie Simon,  élue meilleure entrepreneur française de Californie

Cette distinction marque-t-elle une étape importante dans votre carrière d'entrepreneuse ?

Cette année, une catégorie dédiée exclusivement aux femmes est apparue aux French American Business Awards. J'ai reçu le golden globe lors de cette première édition. Ce type d'événement va dans le bon sens. Dans la Silicon Valley, il y a très peu de femmes dans les postes à responsabilité notamment chez les géants du Net. La situation est même moins favorable qu'en France. Les choses évoluent cependant : des enquêtes réalisées par des fonds d'investissement ont montré que les initiatives portées par des équipes mixtes comportaient moins de risques financiers.

Quelles sont les évolutions principales de MyScienceWork depuis sa création ?

Le contenu de MyScienceWork s'est considérablement enrichi avec un accès gratuit à 70 millions d'articles scientifiques dans des domaines très variés allant des nanotechnologies médicales à la programmation informatique. Depuis quelques mois, nous mettons également à disposition 12 millions de brevets technologiques provenant de l'Office européen des brevets et de l'United States patent and trademark office. En janvier 2017, nous avons lancé Sirius, un service de prestations dédié au Big Data. Grâce à la richesse de notre base de données, nous pouvons proposer des études analysant l'état des publications dans un domaine de recherche. Des outils statistiques et graphiques permettent de visualiser le nombre, les auteurs, les évolutions et les types de documents sur un sujet donné. Il s'agit d'un produit particulièrement adapté aux institutions et entreprises souhaitant définir leur stratégie dans un secteur scientifique ou industriel. Actuellement, une école française d'ingénieurs nous a par exemple confié une mission pour étudier les travaux sur la Blockchain.

Comment s'est déroulée votre arrivée aux Etats-Unis ?

Avant de décider de nous implanter en Californie, nous nous sommes immergés pendant trois mois dans la Silicon Valley. Cela nous a permis de mieux connaître les marchés pour nos produits et de nous familiariser avec un autre mode de fonctionnement. Ici, les horaires et les lieux de travail sont beaucoup plus souples. Les Américains sont très organisés et directs. Une réunion doit être courte ainsi qu'efficace et l'horaire est respecté à la minute près ! Dans la Silicon Valley, il n'est pas très difficile de rencontrer des cadres de grands groupes mais on se sent vite écrasé par la taille des entreprises et les distances. Nous avons donc finalement préféré nous installer à San-Francisco, une ville à taille humaine avec un centre financier important. Ce cadre favorable attire des start-up fondées par des entrepreneurs du monde entier. Pendant une période, MyScienceWork a été hébergée dans un open-space avec 15 nationalités différentes !

Quels conseils donneriez-vous aux start-up françaises souhaitant suivre votre exemple ?

Décider de s'installer aux USA est une décision à ne pas prendre à la légère. Les formalités administratives sont nombreuses aussi bien pour l'entreprise qu'à titre individuel : permis de conduire, visa de travail... Plusieurs années sont nécessaires avant d'être à jour sur tous ces points. Il vaut mieux réaliser une levée de fonds avant de tenter l'expérience plutôt que d'espérer le faire une fois arrivés sur place. Chez MyScienceWork, nous ne regrettons pas d'avoir relevé le défi : les Etats-Unis sont devenus nos premiers clients suivis de la Chine et de la France.

www.mysciencework.com