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Vers la troisième révolution industrielle

Souhaitant favoriser l'émergence d'une nouvelle économie basée sur la transition énergétique et le numérique, la région a lancé depuis 2013 le programme rev3 pour soutenir les acteurs de cette troisième révolution industrielle. Pionnière dans de nombreux domaines du développement durable, l'UTC s'inscrit pleinement dans cette démarche innovante. Commissaire spécial pour la revitalisation et la ré-industrialisation des Hauts-de-France, Philippe Vasseur répond à nos questions sur la participation des universités et écoles à ce projet ambitieux.

Vers la troisième révolution industrielle

Quelle est la place de la recherche et de l'Enseignement supérieur dans la troisième révolution industrielle (rev3) ?

C’est une place essentielle et les universités l’ont bien compris. Qu’est-ce que la troisième révolution industrielle sinon une tentative de nommer l’ensemble des transformations économiques et sociétales que nous sommes en train de vivre ? Nous sommes entrés dans une société connectée et cette révolution, couplée au souci d’économiser les ressources et de respecter la planète, est en train de changer nos manières de consommer, d’échanger, de nous loger, de nous déplacer, de produire… Les chercheurs, les scientifiques, les étudiants le savent depuis longtemps parce qu’ils se tiennent en permanence aux avant-postes de l’innovation. C’est pourquoi ils ont été parmi les premiers acteurs à prendre leur place dans la dynamique troisième révolution industrielle en Hauts-de-France. Et à en juger par les projets qui prolifèrent dans les universités, les centres de recherche, les laboratoires, les clusters d’entreprises, ils ont une longueur d’avance dans la recherche de solutions innovantes et la mise en œuvre de nouveaux modèles. Prenons l’exemple de l’université Catholique de Lille avec le projet Live Tree qui consiste à faire du quartier Vauban où l’université est implantée, un campus durable et innovant aux multiples bâtiments démonstrateurs ; ou encore le projet Sunrise de l’université de Lille qui préfigure ce que pourrait être demain une ville pleinement intelligente.

 

Quelles opportunités offrent notre région en termes de formations d'ingénieurs et de chercheurs dans le domaine de la transition énergétique et du numérique ?

Notre région Hauts-de-France est en avance, avec une palette d’offres innovante. Une place de choix revient bien évidemment à l’UTC avec la plateforme Heudiasyc ; LRCS avec le hub de l’énergie sur la thématique du stockage de l’énergie; L2EP et encore le laboratoire de génie civil et géo-environnement de Polytech Lille qui travaillent sur les Smart Grids. Le groupe des écoles d’ingénieurs Yncréa vient de lancer un Master Smart Cities qui s’ajoute aux masters
« Cloud Computing » de l’Insett, ou « manager de projet en IRVE » des Arts et Métiers ou encore « efficacité énergétique et environnementale » du CESI d’Arras ou le « Chimie : Transformation et Valorisation des Ressources Naturelles » de l'UTC. Xavier Bertrand a pour projet de multiplier partout dans la région, et à tous les niveaux, les lieux d’enseignements sur des thèmes rev3.

 

Quelles sont les pistes suivies pour articuler travail des laboratoires universitaires et besoins des industriels ?

L’une des pistes est le développement de plateformes technologiques telles que des techno-centres qui seront des lieux de rencontre entre recherche et entreprises sur de la recherche appliquée. Un appel à projet vient d’être lancé pour l’implantation en région d’un techno-centre sur la méthanisation dont l'UTC et UniLaSalle Beauvais ont fait leur expertise.

 

Comment envisagez-vous la participation de l'UTC à rev3 ?

Je suis très fier et très heureux de la participation de l’UTC dont l’excellence est mondialement reconnue. Notre ambition est d’amplifier la dynamique déjà engagée par les entreprises, les collectivités et les territoires, les écoles, les universités et les citoyens pour faire de cette nouvelle grande région Hauts-de-France l’une des régions du monde les plus avancées en matière d’économie durable et connectée, et d’en tirer les bénéfices en termes de création de valeur, de compétitivité et d’emploi. Concrètement, cette coopération se traduit déjà dans les faits puisque l’UTC et son président ont participé à la première convention d’affaires « rev3 days » qui a eu lieu en février.

 

Quels sont les atouts de l'UTC pour devenir un acteur important de la troisième révolution industrielle dans les Hauts-de-France ?

Parmi les 9 unités de recherche de l’UTC, 5 sont en connexion directe avec rev3 par leurs thématiques et travaux: modélisation multi-échelle des systèmes urbains (Avenues) sur le thème « des villes et des territoires durables connectés » ; Transformations intégrées de la matière renouvelable (TIMR) et Génie enzymatique et cellulaire (GEC) avec « les matériaux et cycles de production se ressourcent » ; Heuristique et diagnostic des systèmes complexes (Heudiasyc) ou le LEC sur « des transports intelligents et non polluants ». Je peux citer aussi deux plateformes technologiques en lien avec rev3 : Stella pour l’étude d’un micro-réseau dédié aux stations de recharge des véhicules électriques et l’alimentation d’un bâtiment et PLER pour l’étude des micro-réseaux électriques ainsi que les chaires  d'Excellence Chimie Verte et Procédés et Mobilité intelligente et dynamiques territoriales.