Dossier

43 : Les docteurs, acteurs clés de l’innovation

Dans un monde où l’innovation – en particulier technologique – occupe une place croissante, les compétences des docteurs spécialistes des sciences de l’ingénieur et notamment des docteurs ingénieurs apparaissent de plus en plus stratégiques. L’UTC entend préparer ses étudiants à cette nouvelle donne.

43 : Les docteurs, acteurs clés de l’innovation

Son employeur : une des meilleures universités chinoises

Une large part des docteurs de l’UTC s’oriente vers le monde académique. Exemple avec Baochao Wang, qui a réalisé une thèse sur les énergies renouvelables, sous la direction de Manuela Sechilariu et Fabrice Locment, du laboratoire Avenues.

 En Chine, comme en France, le nombre de docteurs arrivant chaque année sur le marché du travail excède désormais largement celui des postes offerts dans l’enseignement supérieur et la recherche, et de plus en plus de jeunes chercheurs s’orientent vers les entreprises. Sitôt sa thèse soutenue, en 2014, Baochao Wang, lui, a été recruté comme enseignant-chercheur au département de génie électrique d’une des meilleures universités chinoises, le Harbin Institute of Technology (HIT). Son passeport : un doctorat réalisé dans le cadre d’un programme associant l’organisme chinois de soutien de la mobilité universitaire, le China Scholarship Council (CSC), et le réseau français des universités de technologie et des Insa.

 

« Initialement, je préparais un master en génie électrique au HIT et je n’envisageais pas de faire une thèse, raconte le jeune docteur. Mais mon père m’a conseillé d’aller jusqu’au doctorat pour élargir mes perspectives de carrière. Pour cela, j’ai passé un entretien au HIT et, à cette occasion, j’ai découvert que le CSC pouvait accorder une bourse doctorale à des étudiants chinois réalisant leur thèse dans une UT ou un Insa. »

 Un sujet stratégique : les microréseaux électriques intelligents

Dans le cadre de ce programme de mobilité internationale, le laboratoire Avenues de l’UTC avait proposé un sujet de thèse sur un de ses grands thèmes de recherche : les microréseaux électriques intelligents intégrant, à l’échelle d’un bâtiment, une production d’énergie renouvelable, notamment via des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un système de stockage et un générateur d’électricité classique en secours. L’enjeu étant de gérer la production et la consommation d’énergie de manière à alimenter le bâtiment au meilleur coût et en privilégiant au maximum l’électricité renouvelable.

« Les énergies renouvelables étaient un sujet stratégique, qui m’intéressait beaucoup, poursuit Baochao Wang. Et la perspective de faire une thèse en France en trois ans et demi, alors qu’il en faut quatre ou cinq en Chine, me séduisait. J’ai postulé auprès d’Avenues et j’ai été retenu. Mais, avant de partir en France, j’ai signé un contrat avec le HIT, qui s’engageait à me recruter à mon retour, car les universités chinoises font une grande confiance à la qualité des établissements étrangers sélectionnés par le CSC pour y envoyer des étudiants. »

 Niveau d’exigence élevé, découverte d’une nouvelle langue, d’un pays étranger… Cette expérience française a parfois été ardue, mais très formatrice. « J’ai bien sûr acquis des connaissances approfondies en génie électrique. Mais j’ai aussi appris comment organiser un travail de recherche et comment rédiger une publication scientifique. En France, il y a une culture de l’organisation jusque dans l’écriture : on structure un document, on écrit correctement, ce qui n’est pas du tout le cas en Chine. »