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43 : Les docteurs, acteurs clés de l’innovation

Dans un monde où l’innovation – en particulier technologique – occupe une place croissante, les compétences des docteurs spécialistes des sciences de l’ingénieur et notamment des docteurs ingénieurs apparaissent de plus en plus stratégiques. L’UTC entend préparer ses étudiants à cette nouvelle donne.

43 : Les docteurs, acteurs clés de l’innovation

Le projet qu’il pilote est... confidentiel

Sa thèse en mathématiques appliquées concernait l’aéronautique. Depuis dix ans, Michel Boussemart travaille à DCNS, groupe spécialiste des systèmes navals de défense.

 Après un diplôme d’ingénieur en génie informatique et un DEA (équivalent d’un master 2 actuel) en contrôle des systèmes à l’UTC, Michel Boussemart a effectué son doctorat en Cifre à la Snecma (aujourd’hui une des sociétés du groupe Safran), sous la direction de Nikolaos Limnios, du laboratoire de mathématiques appliquées de Compiègne (LMAC). Sa thèse, soutenue en 2001, portait sur le développement d’une théorie et de méthodes de calcul stochastique et d’aide à la décision destinées à optimiser les architectures et la maintenance des calculateurs de régulation des turboréacteurs d’avion.

« En général, quand on prépare un diplôme d’ingénieur, c’est pour intégrer rapidement le monde de l’entreprise. On ne sait pas forcément en quoi consiste le travail des chercheurs et on a tendance à les imaginer coupés du monde dans leur laboratoire. Personnellement, j’ai eu la chance que Nikolaos Limnios traite dans ses cours de cas concrets de recherche en mathématiques pour l’industrie. Cette dimension appliquée de la recherche m’intéressait. C’est ce qui m’a poussé à faire une thèse en Cifre, grâce à laquelle j’ai appris à m’appuyer sur des méthodes scientifiques rigoureuses pour développer des réponses nouvelles à des problématiques industrielles. »

 Un profil qui fait la différence

Une compétence qu’il n’a pourtant pas exploitée immédiatement. A l’issue de sa thèse, la crise provoquée dans l’aéronautique par les attentats du 11 septembre 2001, mais aussi la volonté d’élargir son spectre d’activités l’ont conduit à reconfigurer sa carrière. Et, durant quelques années, Michel Boussemart a suivi un parcours classique d’ingénieur dans différentes entreprises.

Puis, en 2007, il a intégré le groupe DCNS. « J’étais architecte SLI (soutien logistique intégré), chargé de concevoir l’ensemble du système de maintenance d’un sous-marin, et j’avais plutôt été recruté comme ingénieur. Mais, peu à peu, j’ai apporté à mon poste cette dimension supplémentaire de recherche appliquée avec laquelle je souhaitais renouer. Depuis 2013, je pilote un projet confidentiel, comportant une forte composante logicielle, pour lequel mon profil de docteur a clairement été un plus par rapport aux autres candidats. Aux yeux de mes recruteurs, il s’agissait par exemple d’un atout pour optimiser des architectures ou bien la maintenance du système. Mais je mets aussi à profit ma formation de chercheur en intervenant dans des congrès scientifiques sur des questions industrielles comme la sûreté de fonctionnement. C’est un moyen de contribuer au rayonnement de DCNS, tout en menant une veille sur les connaissances nouvelles susceptibles d’alimenter ses innovations. »