La prise en compte de la complexité

La com­plex­ité est-elle un con­cept néces­saire à l’ingénieur contemporain ?

L’en­vi­ron­nement de tra­vail de l’ingénieur con­tem­po­rain est com­plexe, notam­ment tech­nologique­ment. On le sait, sa mis­sion va être de maîtris­er et gér­er cette com­plex­ité tech­nologique. Le rôle de l’ingénieur est de décider et d’a­gir à la fois dans l’in­cer­tain, la com­plex­ité, le risque mais aus­si dans le cadre de valeurs. Il dis­pose pour cela d’un ensem­ble de con­nais­sances et de com­pé­tences, mais doit avant tout faire face à un cer­tain nom­bre de mis­sions. ” Il doit savoir trans­met­tre l’in­for­ma­tion, com­mu­ni­quer, partager cette infor­ma­tion, et donc coopér­er, faire une analyse des risques tech­niques et humains mais aus­si organ­is­er un man­age­ment de l’éthique. On voit à tra­vers ces mis­sions de l’ingénieur l’as­so­ci­a­tion évi­dente et incon­tourn­able entre les sci­ences dites dures et les sci­ences dites molles.

On sait depuis longtemps que trou­ver les solu­tions de prob­lèmes tech­niques ne suf­fit plus. Dans un pro­jet socio-tech­nique d’un domaine com­plexe, il y a 50% de sci­ences humaines, 50% de tech­nique ” explique Gilles Le Car­di­nal, enseignant-chercheur à l’UTC. La prise en compte de la com­plex­ité doit donc induire un change­ment de men­tal­ité chez l’ingénieur. ” Tâchons de lui faire pren­dre con­science quand et com­ment on passe du com­pliqué au com­plexe, de l’idée qu’un prob­lème n’a qu’une et une seule solu­tion (sin­gle cause habit), à la recherche de toutes les logiques à l’œu­vre dans une sit­u­a­tion com­plexe. Il faut sor­tir l’ingénieur con­tem­po­rain des notions d’op­ti­mal­ité et de solu­tion unique. Il doit acquérir une vision à la fois tech­nique, humaine mais aus­si organ­i­sa­tion­nelle ” assure l’en­seignant-chercheur.

La méthode PAT-Miroir©

Comment faire face à la complexité d’un problème?

La méth­ode PAT­Miroir©, dévelop­pée à l’UTC à par­tir de travaux menés par Gilles Le Car­di­nal, con­siste à faire appa­raître aux per­son­nes faisant par­tie d’un même sys­tème humain com­plexe, qu’elles sont tou­jours con­fron­tées à un dilemme stratégique dont elles ne peu­vent sor­tir qu’en con­sid­érant non pas seule­ment leur pro­pre point de vue, mais aus­si celui de toutes les autres par­ties con­cernées. Cette approche repose sur les trois sen­ti­ments liés de Peur, d’At­trait et de Ten­ta­tion (PAT). “La peur d’être trahi, la ten­ta­tion de trahir et l’at­trait de coopér­er” explique Gilles Le Car­di­nal. La méth­ode PAT-Miroir© s’ap­puie sur la théorie de la com­mu­ni­ca­tion, la mod­éli­sa­tion sys­témique, la théorie des jeux et la sécu­rité des sys­tèmes complexes.

Le magazine

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