50 : Aéronautique, des liens forts avec l'industrie

Créé en 2000 par la fusion du laboratoire LG2mS (Laboratoire de génie mécanique pour les matériaux et les structures) et d’autres unités de recherche, Roberval fut, dès sa fondation, placé sous la double tutelle de l’UTC et du CNRS. Les caractéristiques de Roberval ? L’on peut citer notamment les équipes de recherche reconnues dans leur domaine respectif et les forts liens avec l’industrie.

50 : Aéronautique, des liens forts avec l'industrie

Un silencieux pour hélicoptères

Professeur des universités depuis 2015, Emmanuel Perrey-Debain est responsable, au sein du laboratoire Roberval, de l’équipe Acoustique et vibrations. Il co-dirige, avec Emmanuel Lefrançois, une thèse Cifre financée par Airbus Helicopters sur les bruits des systèmes de climatisation.

Avec 17 personnes - enseignants chercheurs, doctorants et post-doctorants -, l'équipe Acoustique et vibrations est la plus petite du laboratoire Roberval. "On forme une vingtaine d'ingénieurs par an. C'est une filière de niche. Aux côtés de l'UTC, il y a deux autres écoles en acoustique et vibrations en France : le Mans et Lyon", explique Emmanuel Perrey-Debain. Ce nombre devrait toutefois augmenter. "L'offre est, aujourd'hui, nettement insuffisante par rapport à la demande des industriels", ajoute-t-il. D'autant que travailler avec les industriels est inscrit dans l'ADN de l'UTC en général, et Roberval en particulier.Pour preuve ? C'est ce dernier qui affiche le plus gros chiffre d'affaires de l'université de technologie de Compiègne, au travers d'Uteam - société de recherche contractuelle adossée aux laboratoires UTC et Escom.

Une spécificité qu'Emmanuel Perrey-Debain revendique haut et fort. "On se nourrit de la matière réelle, des problèmes posés au monde de l'industrie et on essaye de trouver des solutions tout en nourrissant la connaissance académique", insiste-t-il. L'on peut citer, par exemple, le projet HEXENOR, lancé en 2012, faisant partie du programme européen Clean Sky visant à rendre les avions plus propres et moins bruyants. L'objectif de l'UTC et des autres partenaires ? C'est de développer et de fabriquer un silencieux pour hélicoptères, afin de réduire les nuisances sonores émises par le moteur. L'on peut aussi citer les thématiques des thèses récemment achevées ou en cours. L'une sur "l'aéro-vibro-acoustique" ou comment prévoir et minimiser le bruit et les vibrations engendrées parles fluctuations turbulentes de l'écoulement fluide, vient de se terminer. Les secteurs concernés par ce type de problématique ? Le bâtiment, l'automobile, l'aéronautique...

Une autre, en cours, financée par Airbus Helicopters, porte sur les systèmes de climatisation produisant du bruit à des fréquences élevées très gênantes pour le personnel navigant. "Le Graal pour les pilotes d'hélicoptères n'est-il pas, de pouvoir, comme pour les pilotes de ligne, se passer de casque dans l'habitacle ?", conclut Emmanuel Perrey-Debain.