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Dispositif unique pour un projet d’éoliennes offshore

Laurence Monnoyer-Smith préside depuis janvier la Commission particulière du débat public pour le projet éolien offshore situé entre Dieppe et le Tréport à 15 km de la côte. Ce parc éolien, composé de 62 éoliennes de 8 MW, devrait être mis en service en 2021. Mais avant cela, il doit faire l’objet d’un débat public de 100 jours, destiné à recueillir les avis, les questions, les attentes et les craintes d’un maximum de citoyens. Pour cela, Laurence Monnoyer-Smith, par ailleurs vice-présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a mis en œuvre une artillerie lourde qui, pour la première fois, apporte une véritable modernisation de cet exercice démocratique.

Dispositif unique pour un projet d’éoliennes offshore

L'enjeu est de taille : les conclusions du débat public peuvent apporter des modifications substantielles, voire l'abandon, de ce projet de parc éolien offshore attribué par appel d'offres à un consortium composé de GDF Suez, EDP Renewables, Neoen Marine et Areva. " En effet, l'éolien en France - et l'offshore ne fait pas exception - reste une énergie qui fait polémique, à tort ou à raison. Pour tout projet de plus de 300 millions d'€ (ce parc éolien exigera des investissements de l'ordre de 2 milliards d'€), la CNDP doit se prononcer sur la nécessité ou non d'organiser un débat public ", explique Laurence Monnoyer-Smith. Plusieurs critères guident cette décision, dont les impacts environnementaux, l'intérêt national, les enjeux socio-économiques, la conflictualité du sujet, etc. La CNDP a jugé nécessaire d'organiser un tel débat pour le projet du Tréport, et a nommé Laurence Monnoyer-Smith pour le présider, et donc l'organiser. C'est une première pour elle, et l'opportunité d'appliquer ses recherches sur le renouvellement du débat démocratique et l'implication des citoyens par des outils adaptés. " Nous avons travaillé d'arrache-pied pour commencer le 24 avril, avec un programme très dense, original et varié jusqu'au 31 juillet. Nous avons souhaité prendre en compte la nature de ce projet ainsi que son contexte, pour en montrer toutes les implications du niveau micro-local au niveau national ", souligne-t-elle. Ainsi, les enjeux touristiques et paysagers seront abordés au même titre que la dimension inter-régionale de création de filières industrielles ou que la politique énergétique française.

De la réunion publique au compte Twitter en passant par France 3 Région

Tous ces points seront abordés sous différents formats, choisis pour leur adéquation avec les sujets traités. Outre les trois grandes réunions publiques, incontournables, deux grandes conférences sont prévues pour aborder le contexte global (politique énergétique de la France et filières industrielles). " Il s'agit de faire venir des acteurs capables d'éclairer ces enjeux, qui dépassent de loin la maîtrise d'ouvrage. " Toutes seront retransmises en direct sur internet et reprises ensuite sur France 3 Région. Par ailleurs, un partenariat passé avec France 3 Région Picardie et Haute Normandie a permis l'organisation d'un plateau télévisé de 52 minutes, destiné à croiser les perspectives locales et nationales dans une approche grand public, en plus de la couverture médiatique du débat public. Quatre ateliers thématiques (projet économique, usages de la mer, impacts environnementaux et identité du territoire) sont également prévus sous forme de forums destinés à approfondir ces points avec les acteurs locaux, et une exposition artistique itinérante ira à la rencontre de tous, afin de soulever des réactions de la part de ceux qui se sentiraient peu concernés par ce projet. " L'approche esthétique, faisant écho à la sensibilité des personnes, est un point d'entrée très intéressant pour intéresser le grand public ", estime Laurence Monnoyer-Smith. A cela s'ajouteront une vingtaine de débats mobiles, des événements liés au programme estival de la côte (Solitaire du Figaro, Salon du Livre, compétition de kite surf, etc.), et des rencontres auprès des publics les plus souvent éloignés (épicerie solidaire, centre social, etc.).

Un marathon de 100 jours

Le numérique constitue un allié de poids : outre la page Facebook et le compte Twitter du projet, un forum a été organisé en amont sur le site internet dédié pour recueillir les questions et les attentes. " Tout au long du débat, nous organisons une véritable interactivité. C'est la première fois qu'une commission particulière déploie une telle artillerie, se félicite Laurence Monnoyer-Smith. Nous avons mis en place les conditions de la discussion. Commence maintenant le marathon de 100 jours ! " Suite à ce marathon, un compte-rendu et un bilan seront rédigés et pris en compte dans le cadre de l'enquête publique. Suite aux débats, en moyenne 2/3 des projets sont remaniés ou abandonnés : c'est la garantie pour le public qu'il a été écouté.

Pour tout savoir sur cet exercice citoyen, rendez-vous sur le site internet dédié : http://eolienmer-pdlt.debatpublic.fr/