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Apple : la responsabilité au cœur de l’innovation

Son diplôme de génie informatique en poche, Hafid Arras commence son stage chez Apple en 2006. Lui qui hésitait entre la PME, qui offre plus de liberté, et le grand groupe, doté de plus de moyens, a trouvé au sein de la marque à la pomme un équilibre « parfait ».

Apple : la responsabilité au cœur de l’innovation

Il part en Californie pour six mois avec un peu d’appréhension : un nouveau pays, une nouvelle expérience, une entreprise qui n’avait pas encore acquis sa notoriété actuelle. Mais Hafid Arras s’intègre rapidement dans son équipe, chargée de rendre multilingue l’outil de localisation du système d’exploitation Mac OS X.
« La Californie est passionnante pour ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies : s’y concentre une population de personnes dynamiques et responsables de projets à la pointe, un environnement où règne une émulation extraordinaire  », décrit celui qui vit à San Francisco et travaille au centre de R&D d’Apple – « où se prennent toutes les grandes décisions  » – depuis sept ans.

Une quinzaine d’UTCéens en stage

Recrutés par un ancien de l’UTC, Jean-Pierre Ciudad, ils ont depuis ouvert la voie à d’autres étudiants de l’UTC. « Nous recommandions leurs CV, et sommes désormais en contact direct avec le responsable RH pour le secteur logiciel d’Apple. Une quinzaine d’UTCéens ont pu bénéficier de stage de six mois, et quelques-uns ont été embauchés », explique Hafid Arras.
Il dirige aujourd’hui une équipe d’une dizaine de personnes dédiée à la conception d’outils capables de rendre multilingue le logiciel de reconnaissance vocale Siri, qui permet de dicter des messages, de commander son téléphone, etc. « Créée par une start-up indépendante, cette application a été rachetée par Apple pour la porter au niveau de ses ambitions. Elle est disponible sur les iPhone depuis la version 4S, ainsi que sur le dernier modèle d’iPad  », explique Hafid Arras.
Cette application qui fait appel à l’intelligence artificielle est disponible en français, en anglais, et en huit autres langues – dont le chinois et le coréen depuis peu. «  L’application s’améliore constamment, comme tous les projets qui requièrent un très grand nombre de données pour fonctionner de façon optimale. Avec la nouvelle version iOS7, prévue pour l’automne, j’espère que les utilisateurs verront la différence !  »

Moins de théorie et plus de responsabilités

Pour les ingénieurs, Apple offre trois parcours : la progression par la voie managériale, celle par l’expertise technique sur les nouveaux produits, ou la conjugaison de ces deux voies. « Ces trois options sont valorisées de la même façon au sein de l’entreprise  », explique Hafid Arras, qui souligne les différences entre les ingénieurs français et américains. « Les premiers sont plus théoriques, les seconds ont souvent déjà créé une application parallèlement à leurs études par exemple. Les Américains sont aussi meilleurs en matière de présentation : il ne suffit pas d’avoir une bonne idée, encore faut-il la vendre et convaincre ! En revanche, la formation d’ingénieur outre-Atlantique dure quatre ans contre cinq ans en France – ce qui n’empêche pas notre diplôme d’être valorisé comme un master au moment de l’embauche. »
Autre différence : le management. « Dans le secteur high-tech américain, les relations sont peu hiérarchisées. Le manager est davantage un coach, un chef d’orchestre, qu’un petit chef. Tous les salariés conservent une grande marge de manœuvre, beaucoup de responsabilités, et ce dès la phase de stage. Les ingénieurs occupent des postes très créatifs, leurs idées sont prises en compte tout au long de l’élaboration du produit. Ainsi, un stagiaire de l’UTC a permis de régler tous les problèmes complexes liés à la langue arabe et à l’écriture de droite à gauche, illustre Hafid Arras. Aux employés de prouver qu’ils sont à la hauteur de leurs responsabilités. »

Apple fonctionne comme une start-up

Ce qui l’impressionne, c’est la capacité d’Apple à avoir conservé un fonctionnement de start-up, mais avec les moyens d’une grande entreprise, grâce à sa structuration en petites équipes responsables de problématiques différentes. « Il existe une disproportion phénoménale entre la taille des équipes et les impacts du produit qu’elles gèrent. C’est tout simplement génial pour un ingénieur  », s’enthousiasme-t-il. La raison pour laquelle il ne compte plus ses heures depuis bien longtemps ? «  J’aime travailler dans cette ambiance de confiance – personne ne surveille nos horaires par exemple –, au cœur d’une organisation qui permet d’apprendre auprès de personnes très compétentes et accessibles.  »
Ainsi, il est régulièrement en contact direct avec les vice-présidents, à qui les ingénieurs doivent présenter leurs avancées. « Ces vice-présidents reportent directement au P-DG. Tous les stagiaires doivent exposer leurs travaux à l’ensemble de leur département, dont le directeur sélectionnera les meilleurs pour les présenter aux vice-présidents. Cette année, une stagiaire de l’UTC, Sanaa Squalli, a été retenue parmi des dizaines de stages et a présenté son travail à tout le département iOS7 !  »