Dossier

06 : Les systèmes complexes : sécurité, transports, TIC, environnement...

06 : Les systèmes complexes : sécurité, transports, TIC, environnement...

La révolution des capteurs intelligents

À travers le projet de recherche Agrosens, les professionnels des filières agricoles pourraient demain optimiser le recours aux intrants et préserver les ressources naturelles grâce à la technologie RCSF. « Un réseau de capteurs sans fil sera en mesure d’assurer la collecte d’informations et leur acheminement de manière fiable et sécurisée vers une station de supervision et de contrôle » explique Challal Yacine, maître de conférences à l’UTC. Ces informations viendront alimenter un système d’aide à la décision en agriculture ou un système de veille environnementale. « Un vrai challenge en matière d’économie d’énergie et de sécurité pour le routage de l’information entre les capteurs soumis à des environnements et à des sols aux caractéristiques souvent très différentes » complète Abdelmadjid Bouabdallah, professeur à l’UTC en charge du projet. L’infrastructure RCSF permettrait ainsi le suivi continu de l’état du milieu (température de l’air, hygrométrie de l’air, humidité du sol, rayonnement solaire), l’état des plantes (température des feuilles), contribuant ainsi à optimiser les ressources utilisées en eau, engrais et pesticides, gérer l’irrigation, améliorer la production en termes de quantité et de qualité, ou encore prédire les maladies des plantations.

Joël Léonard, chercheur agronome au sein de l’unité Agro-Impact de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA).

Quelle est selon vous l’originalité du projet de recherche "Agrosens" ?

L’originalité de ce projet tient d’abord dans l’association de structures très différentes dans leurs thématiques et objectifs, pour répondre au besoin d’une gestion optimisée des cultures et de leurs impacts environnementaux : un laboratoire universitaire (Heudiasyc) spécialiste des communications et des réseaux, une unité de recherche (INRA Agro-Impact) quant à elle spécialisée dans l’analyse et l’évaluation des impacts environnementaux des systèmes cultivés, et enfin une structure de transfert (Agro-Transfert Ressources et Territoire) dont l’objectif est de mobiliser les connaissances issues de la recherche agronomique pour en dériver des applications destinées à des publics variés dont les agriculteurs.

Une autre de ses originalités est de s’appuyer sur la technologie RCSF ?

Les réseaux de capteurs sans fil permettent en effet d’étendre la portée d’applications existantes pour la gestion de l’irrigation ou des maladies, et d’en imaginer d’autres. Il devient dès lors possible de déployer plus aisément des réseaux de mesure de la température du sol et de son humidité, de sa conductivité électrique, ce qui pourrait permettre de mieux comprendre les émissions de gaz à effet de serre N2O à de plus larges échelles (bassins versants, paysages), de mieux les simuler et peut-être d’envisager à terme le développement d’applications pour l’évaluation spatialisée des émissions.

L’objectif principal restant une minimisation des impacts environnementaux de l’agriculture ?

Exactement. La technologie RCSF, qui offre une gestion optimisée des systèmes de culture et des pratiques associées, permet de concilier une production satisfaisante en quantité et qualité au service d’une agriculture durable.