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Une vision : « l’université mondiale de technologie »

Qu’est-ce qui attend l’UTC en 2013 ? Le point avec Alain Storck, président.

Une vision : « l’université mondiale de technologie »

Arrivé en 2012 avec une grande idée, celle d’un écosystème local d’innovation et de créativité, Alain Storck projette sa concrétisation en 2013. « Pour faire de l’UTC une université d’envergure européenne, reposant sur l’innovation et la créativité, il faut développer un tel écosystème en Picardie. Cet outil, ancré localement, accompagnera la logique de rayonnement international de l’UTC, grâce aux partenariats entre l’université, le territoire et les entreprises  », souligne Alain Storck.
Sa pièce maîtresse, le centre d’innovation de l’UTC, sera livré fin 2013 pour optimiser les interactions essentielles entre les acteurs et les outils et favoriser des innovations de tous ordres : technologiques, marketing, organisationnelles, pédagogiques, etc.
L’écosystème reposera aussi sur une gouvernance partagée avec la Région Picardie, l’agglomération de la région de Compiègne et les entreprises. « Je n’ai pas voulu que l’UTC soit la seule locomotive de ce réseau local, qui améliorera l’attractivité du territoire pour favoriser la venue de centres de recherche, d’antennes d’universités étrangères, d’entreprises et de pointures internationales  », souligne le président de l’UTC.

Une nouvelle vision de la formation ?

« Sans rompre avec l’ambition originelle de l’UTC de placer l’ingénieur au cœur de l’innovation, l’écosystème local d’innovation, le nouveau cursus Humanités et Technologies et l’UTseuS font évoluer notre formation pour répondre à la nouvelle donne mondiale », explique Alain Storck.
L’UTseuS, antenne de formation et de recherche au sein de l’Université de Shanghai, sera bientôt suivie par une nouvelle antenne au Chili, dans le lycée français de Viňa del Mar. Une vision guide ce développement : celle d’une « université mondiale de technologie », reposant sur un réseau d’antennes complémentaires et numériquement connectées. « Car les nouvelles technologies de communication appartiennent aussi à cette vision renouvelée, même si le contact entre le professeur et l’étudiant ne disparaîtra pas  », nuance Alain Storck.
Le cursus Humanités et Technologies constitue un vrai challenge, celui d’accueillir des étudiants issus des baccalauréats L et ES. Il répond à la demande de lycéens et d’entreprises, qui souhaitent recruter des ingénieurs dotés d’une vraie culture générale. « L’UTC ambitionne de réconcilier les sciences, les technologies, les humanités et les sciences humaines et sociales, pour former des ingénieurs capables de penser la technologie et ses conséquences sociales et environnementales. Par exemple, des notions comme "le zéro et l’infini" sont étudiées sous les angles complémentaires des mathématiques, de la philosophie et de la technique  », détaille-t-il.

« L’ingénieur du 21ème siècle doit être plus humaniste »

Ces évolutions répondent à une vision renouvelée de l’ingénieur, confronté aux attentes de la société face aux crises économiques, sociales et environnementales. « L’ingénieur du 21ème siècle doit être plus humaniste, plus créatif, plus innovant et plus ouvert sur le monde   », estime Alain Storck, qui croit également aux profils mixtes, comme "ingénieur-médecin", avec le développement de la "e-santé".
Grâce à son département de génie biologique, l’UTC pourrait répondre à ce besoin. « La responsabilité de l’UTC, outre la production de connaissances et de savoirs, leur transmission et leur transformation en innovations, c’est aussi de former des créateurs d’entreprise. Les ingénieurs de l’UTC ont créé 110 entreprises en 10 ans. Pour aller plus loin, nous avons créé un pôle entrepreneuriat au cœur du centre d’innovations », rappelle-t-il.

Préoccupation prioritaire : augmenter et diversifier les financements

Alain Storck craint que l’État ne soit plus en mesure de maintenir des engagements financiers suffisants pour porter le projet ambitieux de développement de l’UTC et donner corps à ses chantiers d’avenir. « Au premier rang de mes préoccupations se trouvent l’augmentation et la diversification de nos financements.
Cela passera par plusieurs voies : le développement de la Fondation de l’UTC, dont la prochaine campagne de levée de fonds pourrait dégager 10 millions d’€ sur 5 ans, la structuration de liens plus forts avec les milieux économiques au regard de la taxe d’apprentissage et de la recherche partenariale, l’éventuelle mise à niveau des droits d’inscription pour les étudiants étrangers, avec la mise en place d’un dispositif de bourses etc.
 », énumère Alain Storck.
Par ailleurs, les alliances nouées par l’UTC monteront en puissance : réseau des UT pour asseoir une attractivité commune, alliance avec l’Université Jules Verne de Picardie dans une logique territoriale avec la mise en place de la Conférence régionale des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, et complémentarité thématique au sein du PRES Sorbonne Universités.
Une année fructueuse en perspective !