Portraits

Regard sur l’innovation par Thierry Mandon

par Thierry Mandon, Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, auprès de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Regard sur l’innovation par Thierry Mandon

Le rapport de Suzanne Berger (professeur au Mit) commandé par le Ministre de l’économie et le secrétaire d’état à l’enseignement supérieur et de la recherche, souligne la nécessité de repenser les relations entre laboratoire publics de recherche et entreprises. Deux points émergent comme des pivots de cette politique. D’abord la propriété intellectuelle n’est pas un objectif financier mais un moyen pour collaborer entre recherche et entreprise. Enfin, moins il y aura d’intermédiaire entre chercheur et entrepreneur, plus cette innovation sera fluide. L’Utc, dans ce cadre, est un acteur mâture qui a compris cette nouvelle donne.

Vous défendez que l’Enseignement supérieur et la recherche doit avoir une place essentielle dans le redressement de la France, dans cet esprit pouvez-vous nous présenter les grandes conclusions et bonnes pratiques du rapport Berger sur l’innovation, rapport que vous avez commandé à un expert étranger issu du MIT?

La principale conclusion du rapport Berger est le nécessaire rapprochement à moyen terme de la recherche publique et des entreprises, pour qu’ensemble elles puissent dégager des pistes pour l’avenir et apprendre à mieux travailler l'une avec l'autre. Ce n’est pas seulement le cas pour la recherche technologique et appliquée. Les entreprises doivent aller à la découverte des innovations élaborées dans le cadre de la recherche fondamentale. Ce sont aussi ces explorations qui les éclaireront pour leur offrir une vision des marchés dans les 5 à 10 années à venir. Un des éléments central de cette évolution est la nécessaire évolution de la propriété intellectuelle. Loin d’adhérer à la vision de trésors enfouis au fond des universités, non pensons que la propriété intellectuelle est avant tout un moyen de rapprocher recherche et entreprise dans un échange où chacun trouvera son intérêt. La recherche publique ne peut pas être vue comme un filon à exploiter, mais comme un acteur avec qui collaborer.

L’UTC, université de technologie toujours pionnière aujourd’hui, comme établissement à la fois école et université et aux interfaces permanentes avec l’entreprise, n’est-elle pas depuis sa création un moteur pour la co-construction d’un écosystème d’innovation?

Les universités de technologie et particulièrement l’UTC, ont su intégrer dès le départ leur environnement et se sont inscrites dans ce que l’on appelle aujourd’hui les éco systèmes de l’innovation. Par ses relations avec les entreprises, par son réseau à l’international (pionnier lorsqu’il s’agit de la Chine), l’UTC est un acteur incontournable de l’innovation.

 

Quel développement attendez-vous de l’UTC pour qu’elle conforte son rôle d’université de technologie comme les autres en Europe ou aux États-Unis?

Toujours plus à l’écoute de ses étudiants (vraie richesse de toutes les universités), plus à l’écoute des entreprises, plus en partenariat à l’international, plus innovante dans sa pédagogie, l’UTC ne peut être qu’ambitieuse : noblesse oblige.