Chronique

Le process d’innovation

Jérôme Siméon, directeur général d’Application Services France chez Capgemini, est à la tête d’une équipe de 8000 personnes dédiée à l’intégration de systèmes informatiques, tout secteur confondu. « C’est une activité en croissance au sein du groupe depuis des années, qui nécessite d’innover perpétuellement au service de nos clients », introduit-il.

Le process d’innovation

Quelle est la place de l’innovation dans votre métier ?

L’innovation est, avec l’industrialisation, le principal élément différenciant sur le marché des systèmes informatiques. Ce marché connait une concentration des acteurs, nécessaire afin de garder une masse critique suffisante pour être en mesure d’apporter ces éléments. Les systèmes informatiques, en quelques années, sont passés du stade de l’artisanat d’art à celui de l’industrialisation. Ils ont bouleversé, en 20 ans, les méthodes de travail et de production, et sont de plus en plus externalisés par les entreprises qui les utilisent. Mais ce qui est plus important encore, c’est la véritable révolution que nous connaissons aujourd’hui. Des nouvelles technologies apparaissent régulièrement et transforment le quotidien de chacun d’entre nous. C’est ce que nous appelons dans notre jargon le SMACT : S pour Social Media, M pour mobilité, A pour Analytics et Big Data, C pour Cloud et T pour Things soit l’internet des objets. Notre travail est d’aider les entreprises à utiliser ses technologies au bon moment, au bon endroit et pour répondre au bon objectif pour contribuer à la valeur de l’entreprise.

Comment accompagnez-vous vos clients dans ce processus d’innovation ?

L’innovation, d’un point de vue strictement technologique, a une valeur limitée. Il faut l’intégrer aux processus de l’entreprise pour qu’elle apporte la valeur attendue. Elle doit s’inscrire dans un modèle plus large qui combine les capacités d’industrialisation, la coopération avec les équipes et l’écosystème de l’entreprise. Sans cette coordination, l’innovation reste un effet d’image sans lendemain, qui n’améliore ni la compétitivité, ni le positionnement de l’entreprise. Pour favoriser cette intégration, Capgemini mise sur son capital humain, en insistant sur la formation, sur les valeurs d’audace et de prise de risque, et sur le renouvellement des équipes pour intégrer de façon dynamique des jeunes diplômés qui arrivent avec un regard neuf, de nouvelles idées, de nouveaux comportements… Pour faciliter le passage de l’idée au projet, Capgemini a mis en place des méthodes de travail et des équipements spécifiques, tels que les Lab’Innovation.

Capgemini a implanté sept de ces Lab’Innovation en France. Que représentent-ils ?

En France, les sept Lab’Innovations se trouvent à Suresnes, Nantes, Rennes, Lille, Lyon, Grenoble et Toulouse. En tout, il existe une trentaine de Lab’Innovation Capgemini dans le monde. Ces lieux fonctionnent en réseau, et permettent de travailler de façon collaborative avec nos clients comme avec nos partenaires. Ces lieux concentrent des espaces de démonstration, de création et de prototypage, pour accompagner la transformation numérique de nos clients. C’est une excellente opportunité pour des jeunes de pouvoir exprimer tout leur potentiel d’autant qu’ils ont l’occasion au sein de ces Labs de travailler avec des starts up qui apportent souvent un point de vue « disruptif ».

Quelle est votre stratégie en matière d’innovation ?

Je demande toujours trois choses à mes équipes : la preuve d’un retour sur investissement – tout en conservant le droit essentiel à se tromper, la définition d’une valeur d’usage de l’innovation, et la vitesse. L’innovation doit servir à quelque chose, et surtout répondre aux attentes des clients de nos clients. Concernant la vitesse, c’est un facteur essentiel pour rester performant en matière de numérique, qui implique de recourir à des méthodologies et des outils efficaces en interne.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant en matière d’innovation ?

Tout est possible ! Il ne faut pas avoir de barrière mentale – le progrès, c’est comme l’horizon, toujours un peu plus loin.