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Le Knowledge Management

Le Knowledge Management

Comment est né le concept de Knowledge Management ?

La plupart des activités humaines se font sur la base des connaissances dont on dispose. Or ces connaissances sont bien souvent des entités immatérielles. Seule une partie des connaissances a donc facilement pu être formalisée pour être transmise ; il s’agit de la connaissance savante et théorique, facilement partageable dans l’espace et dans le temps, autrement dit dans l’espace de la communication et dans le temps de la transmission. Ce paradigme s’est d’ailleurs largement répandu dans la culture occidentale, en donnant lieu à la tradition du savoir. À l’opposé existe une connaissance implicite, tacite, factuelle, procédurale… immanente à la tâche. La problématique du KM est donc apparue quand on s’est aperçu que beaucoup de ces connaissances pratiques ne pouvaient passer par le stade de la formalisation et de la théorisation.

En quoi ces connaissances sont-elles importantes pour les entreprises ?

Pour appendre à faire, il faut faire. On parle alors d’un temps d’apprentissage, pendant lequel la connaissance est mise en pratique. Les salariés des entreprises mettent quotidiennement en pratique des procédures et des process dans la manière de penser un problème et de le résoudre, qui sont ni explicités, ni théorisés… Le risque est de perdre une partie de ce savoirfaire, que le capital cognitif de l’entreprise s’érode. Un courant de recherche et d’ingénierie s’est alors mis en place du fait de la valeur de ces connaissances pour apprendre à exploiter, stabiliser, transmettre ces connaissances tacites qui forment le coeur de l’activité ou de la valeur d’une organisation. Le KM est devenu à ce titre aujourd’hui une donnée économique importante dans la gestion des entreprises et de leurs effectifs.

Quels verrous scientifiques rencontre encore le KM dans sa mise en place ?

La problématique du knowledge management a pour le moment beaucoup été abordée selon une approche de "changement de format". La gestion des connaissances se résume en effet souvent aux passages de la pratique au théorique et de la théorie à la pratique. Deux problèmes se posent néanmoins. Même le savoir théorique repose sur de la pratique, une pratique de lecture par exemple, d’appréhension des documents. Une pratique de la théorie doit donc être maintenue. Comment toutefois la faire perdurer ? La prise en compte du temps est également indispensable. On n’envisage bien souvent que des savoirs contemporains. Mais la transmission doit aussi se faire dans le temps. Par exemple, des ingénieurs vont concevoir une centrale nucléaire. Soixante-dix ans plus tard, son démantèlement nécessitera la lecture et l’accession à des connaissances pensées, écrites et formalisées plus d’un demi-siècle auparavant. Le temps peut-il rendre une connaissance inintelligible ? Si oui, comment alors contrer ce vieillissement de la connaissance ?

Le saviez-vous ?

Le marché mondial des services liés au knowledge management était estimé en 2005 à 13 milliards de dollars (source : IDC).