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L’apprentissage : un atout pour l’entreprise

Favoriser la diversité dans son recrutement, s’assurer des collaborateurs ayant les qualifications nécessaires, valoriser par le tutorat ces mêmes collaborateurs, faire preuve de responsabilité sociale, … Réponse moderne et adaptée pour la formation et la qualification des jeunes, l’apprentissage est également un atout pour l’entreprise. Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric, a été chargé de valoriser et promouvoir cette voie alternative de formation auprès des entreprises du CAC 40 et du secteur public. Une mission que lui confiait en 2005 Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement. Interview.

L’apprentissage : un atout pour l’entreprise

En quoi l’apprentissage permet-il d’assurer, voire favoriser, une diversité dans le recrutement au sein des entreprises ?

Tout simplement parce que l’expérience du concret est fondamentale. Les étudiants faisant le choix de l’apprentissage vivent en entreprise, abordent le travail en collectivité, développent un sens de l’équipe et de réelles qualités relationnelles. Il nous faut véritablement considérer l’apprentissage comme une expérience concrète de vie en entreprise, où l’on est amené à développer un savoir-faire mais surtout un savoir-être. C’est un vrai passeport pour l’emploi.

Certaines entreprises estiment que ce n’est pas leur rôle de former les jeunes. Que leur répondez-vous ?

C’est une sottise ! Les entreprises doivent contribuer à former les jeunes dont elles ont besoin aujourd’hui et dont elles auront surtout besoin demain. C’est au sein même de l’entreprise que peut avoir lieu le transfert des connaissances et de l’expérience. Il s’agit non seulement d’une responsabilité que les entreprises doivent assumer mais il en est aussi de leur intérêt. La ressource principale et stratégique d’une entreprise est représentée par les hommes et les femmes qui la composent. En ce sens, l’entreprise doit tout naturellement contribuer à la formation de ses futurs dirigeants et collaborateurs. Et ce, même si cette responsabilité est bien évidemment à partager, une coupure entre le système éducatif et l’entreprise étant, selon moi, une erreur.

Une des difficultés actuelles rencontrées par les entreprises est d’adapter un planning d’alternance pour répondre, par exemple, à des questions logistiques de double logement. des étudiants.

On doit en effet faire face à un problème de mobilité. Le jeune vit à un endroit, va à l’école dans un autre et intègre une entreprise dans un troisième. Il convient de mettre en adéquation le plus rapidement possible les lieux d’apprentissage (CFA), les lieux de travail et les lieux de vie. L’UTC ouvre une section d’apprentissage pour une des spécialités de son diplôme d’ingénieur.

L’apprentissage est-il selon vous particulièrement adapté à la formation des ingénieurs ?

La place de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur n’est plus à justifier. Son efficacité a notamment déjà été prouvée au sein de certaines écoles de commerce. Mais à mon avis, l’apprentissage revêt encore plus d’importance dans les écoles d’ingénieur, l’ingénieur étant notamment amené dans son quotidien à développer des compétences techniques et à travailler au contact de technologies "concrètes". En Allemagne par exemple, l’apprentissage est pratiqué très tôt dans la formation d’ingénieur et constitue d’ailleurs l’une des plus importantes voies d’accès au marché du travail.