Portraits

Fréderic Lavigne, directeur de l’action éducative au Forum des Images

Aujourd’hui directeur de l’action éducative au Forum des Images, le lieu de la mémoire et de l’actualité du cinéma à Paris, Frédéric Lavigne co-animait déjà le Ciné club de l’UTC.

Fréderic Lavigne, directeur de l’action éducative au Forum des Images

Diplômé en Génie biologique, il a pourtant commencé sa carrière dans l’industrie laitière ! « J’ai effectué une thèse en bourse CIFRE sur les propriétés physico-chimiques des matières grasses du lait. Je l’ai réalisée au sein d’un laboratoire CNRS à la Faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry, pour l’association qui coordonne la recherche d’intérêt commun de l’industrie laitière, introduit Frédéric Lavigne. Puis j’ai travaillé 5 ans au centre de recherche internationale de Danone. C’est là que mon chemin a bifurqué vers le cinéma. »

Bénévolat et prise de risque

A cette époque, Frédéric Lavigne demande de passer en 4/5ème afin de s’impliquer à titre bénévole dans la programmation du festival Premiers Plans d’Angers, qu’il avait découvert en tant que spectateur l’année précédente. « Cette expérience s’est tellement bien déroulée que l’équipe du festival m’a proposé le poste de programmateur. J’ai quitté un CDI pour un CDD, divisé mon salaire par deux et rejoint le monde du cinéma », raconte le passionné du 7ème art. Il assure la programmation de ce festival pendant 5 ans, avant de partir pour Londres comme attaché audiovisuel pour l’Ambassade de France. Il s’agit alors de promouvoir le cinéma français au Royaume-Uni par l’accompagnement des distributeurs, l’organisation d’un festival et de projections à l’Ambassade… Puis Frédéric Lavigne traverse à nouveau la Manche pour rejoindre le Forum des Images à Paris, où il prend la direction de l’action éducative et dirige également le festival international Séries Mania, consacré aux séries télévisées.

Un atout : la gestion de projet appliquée à la culture

« Par chance et par volonté, j’ai réussi à rejoindre le monde du cinéma alors qu’en France, le diplôme définit le plus souvent une voie toute tracée qu’il est compliqué de quitter. Les passerelles sont rarement évidentes. Je n’aurais jamais trouvé de poste en tant qu’ingénieur dans le cinéma sans avoir au préalable fait mes preuves comme bénévole. Pour y parvenir, j’ai accompli le travail d’un temps complet en 4/5ème, et je consacrais tout mon temps libre au cinéma. C’était exaltant », se souvient-il. Les cinq passées à l’UTC, « formidables », n’ont pas été totalement étrangères à cette faculté de croire que l’horizon est très large pour qui veut bien s’en donner les moyens. Les notions de culture générale en tronc commun, le cours de Sémiologie de l’image – qui a confirmé à Frédéric Lavigne son envie de travailler dans cet univers –, le cours de cinéma suivi lors de son échange à l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis, la vie associative très riche et le ciné club… lui apparaissent aujourd’hui comme autant de petites pierres à l’édifice. « Je retiens surtout une grande ouverture d’esprit dans la formation, dont les cours de gestion de projet me sont très utiles aujourd’hui. Dans le domaine de la culture, à connaissances égales, savoir gérer efficacement un projet représente un atout indéniable pour organiser, par exemple, un festival », souligne celui qui dirige une équipe de 10 personnes, gère les budgets, les planning, les ressources humaines…

Analyser et décrypter l’image

Créé en 1988, le Forum des Images compte 80 collaborateurs. Cycles de films, 2 000 séances et une dizaine de festivals par an, collection de 6 500 films disponibles pour des visionnages individuels, échanges, rencontres et cours : c’est le lieu du cinéma, depuis les dernières sorties jusqu’aux classiques incontournables. « J’observe aujourd’hui une certaine amnésie. Pour les jeunes, l’histoire du cinéma commence en 2000 et un brouillard épais recouvre ce qui a été réalisé avant, analyse Frédéric Lavigne. Mon travail est d’amener les enfants, et leurs parents, à découvrir ces films qui constituent notre patrimoine. Il faut pour cela dépasser certains freins, comme celui de l’impatience, et définir une programmation adaptée. » Pour lui, l’éducation à l’image est d’utilité publique, à une époque où l’image est omniprésente. « Lors du cours de Sémiologie de l’image, nous avions analysé par exemple la signification du cadrage, et avions appris à décrypter les images pour en être maître et ne plus les subir. C’est le rôle de mon équipe aujourd’hui. En passant par le cinéma, il est possible d’apprendre à lire les images de toutes les vidéos présentes sur Internet, les publicités, etc. Mais les adolescents ne viennent pas spontanément au Forum des Images, sauf en dehors du temps scolaire et des séances programmées avec les enseignants ! »

Bio express

  • 2006 à aujourd’hui : Directeur de l’action éducative du Forum des images à Paris
  • 2004-2006 : Attaché audiovisuel et responsable du Ciné Lumière à l’Institut Français de Londres
  • 1999-2004 : Programmateur du Festival Premiers Plans d’Angers
  • 1995-1999 : Chef de projet recherche, centre international de recherche, Danone
  • 1992-1995 : Chargé d’études pour ARILAIT Recherche
  • 1992-1993 : Doctorat Sciences de l’aliment (ENSIA, Paris VII et XI)
  • 1991 : Diplômé en Génie Biologique, UTC