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[dossier] 25 : Le pôle Health&Care Technology

[dossier] 25 : Le pôle Health&Care Technology

Une start-up à Amiens

« Actuellement, les tests référencés relatifs aux troubles cognitifs et comportements sont compilés dans des classeurs imposants et datent des années 1960-1970. Infantilisants, ces tests ne sont plus adaptés aux personnes âgées du 21ème siècle », analyse Justine Sauquet, gérante de Dynseo, start-up créée en avril 2013.
Ces tests, généralement des jeux d’enfants et des puzzles en bois, n’entraînent pas l’adhésion des personnes âgées. Ceux de Dynseo s’inspirent de l’art-thérapie : puzzles de tableaux célèbres à reconnaître, questions et commentaires sur des œuvres d’art… Outre cette évolution, les applications développées par Dynseo veillent à ne pas mettre les personnes âgées en défaut – précaution essentielle pour qu’elles aillent au bout des tests et ne les rejettent pas.
« La dernière mémoire qui subsiste est celle de nos 15 à 20 ans. Des personnes atteintes d’Alzheimer peuvent ne pas se souvenir de leur conjoint mais se rappeler d’un tableau de Van Gogh qu’elles ont aimé à 18 ans. En parallèle, nous avons conçu une plateforme web qui permet de suivre les statistiques des patients afin d’analyser leurs résultats et leurs comportements. En fonction de l’évolution de leur courbe de réussite, le personnel de santé peut modifier le traitement et orienter les personnes vers les ateliers adaptées  », explique Julie Sauquet, qui a découvert le secteur de la santé au cours d’une mission chez Altran.

En cours de validation clinique

Les applications de Dynseo, conçues en collaboration avec des professionnels de santé et des art-thérapeutes, sont en phase de validation clinique à l’hôpital Broca, à Paris. Dynseo a déjà mis ses solutions à disposition d’une dizaine d’établissements pour valider leur appropriation par le personnel et les patients.
«  Nous avons reçu un très bon accueil. Les tablettes sont bien plus adaptées aux personnes âgées que les ordinateurs  », souligne la gérante, enthousiaste à l’idée de s’implanter en Picardie où elle a trouvé un écosystème favorable au développement de l’entreprise. « Nous avons eu des contacts prometteurs avec le CHU d’Amiens pour créer un partenariat afin de développer des applications adaptées au secteur hospitalier. Nous travaillons aussi avec Evolucare et le MiPih, implantés également à Amiens, qui ne se situe qu’à une heure de Paris  », détaille Julie Sauquet. Autre raison : Jean-Claude Hercelin, responsable du développement de Dynseo, est Picard !

Recruter des ingénieurs pour le développement d’applications

«  Il nous apparaît plus simple de travailler en Picardie qu’à Paris : outre la bonne dynamique qui y règne, les interlocuteurs comme la Région ou l’Agence régionale de Santé sont rapidement accessibles. Nous nous sentons davantage soutenus et accompagnés qu’en Ile-de-France, où les lourdeurs administratives et institutionnelles génèrent beaucoup de pertes de temps, compare la gérante. Implanter Dynseo en Picardie nous permettra d’avancer plus rapidement.  »
La start-up compte aujourd’hui trois associés et quatre collaborateurs. «  Nous devons recruter trois à quatre ingénieurs juniors développeurs d’applications mobiles. » Avis aux amateurs !