Dossier

15 : Les systèmes urbains de demain

15 : Les systèmes urbains de demain

La ville de demain "intelligente" en énergie

Les énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien) sont de plus en plus intégrées dans la production et la distribution d’électricité en milieu urbain. « Ces énergies sont malheureusement bien souvent intermittentes et soumises aux aléas météorologiques, regrette Manuela Sechilariu, enseignant-chercheur au sein du laboratoire Avenues-GSU. Les installations existantes se limitent donc à des générateurs passifs, c’est à dire des outils qui produisent quand ils en ont la possibilité, sans se soucier si le réseau électrique central en a besoin ». Or, le réseau, au niveau du territoire, doit en permanence équilibrer en temps réel la production et la consommation afin de garder une valeur de tension et une fréquence constantes. « Cet effort d’équilibrage est complexe, alors que dans un même temps, les énergies renouvelables ne peuvent être tout le temps exploitées à leur maximum. Le Danemark doit par exemple arrêter le fonctionnement de ses éoliennes la nuit, ne sachant pas quoi faire de l’énergie produite ». Une solution envisagée réside donc aujourd’hui dans le développement de Smart Grid comme la plateforme PLER (Production Locale d’Énergie Renouvelable) imaginée à l’UTC. Ce microréseau intelligent de production et de distribution d’énergie est basé sur une source renouvelable mais superposée à une source sécuritaire offerte par le réseau électrique central. Ce smart grid va ainsi pouvoir travailler en autonomie ou en couplage au réseau, tout en proposant une solution de stockage. « PLER constitue une plateforme expérimentale chargée de valider la faisabilité technique de ce nouveau type de management d’énergie, explique Manuela Sechilariu. L’objectif est d’offrir une production et une distribution adaptée aux besoins et en cohérence au système global énergétique d’un bâtiment, d’une ville, d’un territoire ou même d’un pays ». L’optimisation des transferts d’énergie, afin d’obtenir un rendement global maximum d’un système de production locale, est également à l’étude. « Une étude nécessaire avant même de pouvoir envisager une autosuffisance énergétique en milieu urbain, qui passera d’abord par une mutualisation des ressources et la création de « réseaux de micro-réseaux urbains ».