Dossier

10 : Quel rôle pour les mathématiques appliquées

10 : Quel rôle pour les mathématiques appliquées

Les mathématiques pour localiser des sources d’activités cérébrales pathologiques

Neurophysiologistes, biophysiciens, radiologues, spécialistes du traitement d'images, collaboraient ainsi déjà dans la détection et la localisation de sources de pathologies. Il faudra désormais également compter demain avec les mathématiciens. Le traitement mathématique pourrait en effet permettre de synthétiser l'ensemble des informations actuelles provenant des différentes techniques utilisées. " Notre laboratoire aborde l'obstacle de la localisation des sources d'activités cérébrales pathologiques comme un problème inverse ! explique Abdellatif El Badia, directeur du LMAC. Des données expérimentales nous permettent de remonter à leurs causes via un modèle mathématique ". Pour ce faire, les mathématiciens disposent donc de l'électro-encéphalogramme, de l'IRM qui dessine l'anatomie du cerveau, mais aussi de la NIRS (Near InfraRed Spectrocopy), technique utilisant des sources lumineuses émises dans des régions du proche infrarouge. " Lors d'une activité épileptique par exemple, la modification du flux sanguin et les variations de la concentration en hémoglobine oxygénée et désoxygénée vont être mises en évidence par la NIRS, qui va pointer les zones cérébrales où les ondes lumineuses sont les plus absorbées, indiquant ainsi la zone d'activation cérébrale pathologique" détaille Abdellatif El Badia. Reste alors à tenter de combiner toutes ces données expérimentales à l'aide d'un module numérique, afin de créer un logiciel mathématique, qui permettrait d'aboutir à une localisation précise de la source de la pathologie. Des essais cliniques au CHU d'Amiens devraient très rapidement faire avancer les recherches.