Quitter CISCO pour une start-up « successful »

Bientôt 30 ans d’expérience pour Jean-Charles Labbat. Et l’heure d’entretien à refaire son parcours va être émaillé de plusieurs « successful ». Ce bavard –c’est lui-même qui le dit- voit toujours le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide !

Quitter CISCO pour une start-up « successful »

De l’UTC, il est évidemment question. Mais plus que du cursus technique et scientifique, Jean-Charles Labbat met en avant ... la formation en langues étrangères. « Un point qui a eu une grosse influence sur ma trajectoire, dit-il. Un an à l’étranger à la fin des années 80 –pour préparer un double diplôme, en l’occurrence à Cranfield- n’était pas si courant. De quoi me donner confiance... » Et lui permettre sans encombre d’être détaché aux Etats-Unis, trois ans à peine après son saut sur le marché de l’emploi, et ce pour le compte d’IBM. Un seul frenchi sur le sol de l’Oncle Sam, à Boston, au sein d’une PME qui développait plus rapidement que le mastodonte américain : de part et d’autre, il est devenu l’interlocuteur indispensable. Rien de mieux pour sortir du lot sur les quelque 200 000 salariés aux couleurs de la société d’Armonk (Etat de New-York).

IBM, puis Cisco : pendant 20 ans, Jean-Charles Labbat a évolué dans des entreprises de renom, qui font clairement rêver les jeunes ingénieurs... même si « on ne sait pas exactement ce que, concrètement, ces activités recouvrent à la sortie des études », se souvient-il. 20 ans qui l’ont conduit à passer du manufacturing au commercial dans des mégastructures, avant d’en rejoindre une toute petite, israélienne, spécialisée dans la commercialisation de solution en matière de sécurité informatique. Radware France ne compte qu’une douzaine de salariés. Pourquoi un tel choix ? « Par goût du risque, explique le directeur général. Pour avoir des contacts directs avec le haut management, ce qui n’est pas possible dans des grands groupes. Autre intérêt évident : avoir plus de responsabilités variées mais aussi évoluer dans un domaine en plein boom. ». Et Jean-Charles Labbat de glisser que cette start-up est cotée au... Nasdaq. « C’est plus important d’être moyen dans un business qui se développe que d’être très bon dans un secteur arrivé à maturité. »

Le sens de l’adaptation et ce pragmatisme sont assurément deux qualités supplémentaires, inhérentes au cursus de l’UTC, selon Jean-Charles Labbat, et indispensables aujourd’hui pour s’insérer et bien évoluer. « Les technologies vont vite, très vite, analyse-t-il. Tout ce que nos jeunes apprennent aujourd’hui ne servira plus dans quelques années. D’où l’intérêt d’avoir un profil généraliste, adaptable. » LAdaptation ?  Un leitmotiv dans les propos de Jean-Charles Labbat. « Avant internet, on vendait un produit, avec toute une phase d’évangélisation. Le projet nous préoccupait peu. Aujourd’hui, les informations technologiques se trouvent sur le web. Notre métier ? Répondre à la question : comment notre produit va s’intégrer. Le service et l’accompagnement du client sont prégnants. Et demain ? Le marché vit une nouvelle mutation, avec un effet de balancier, un retour au développement. Etre à l’aise en programmation est un atout, et ce pour les cinq à dix années à venir. ».