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Le Brésil et l’UTC, une histoire qui dure

En 1983, le premier étudiant brésilien prenait l’avion pour l’UTC, à une époque où quitter le territoire était rare. Sérgio Asinelli, membre de l’équipe du secrétariat au plan de la région de Curitiba, avait été sélectionné par le ministère de l’Intérieur pour bénéficier de l’une des trois bourses gouvernementales dans le cadre de la formation pour cadres urbains Gestion technique du milieu urbain (GTU) créée par l’UTC. Depuis lors, les relations entre l’UTC et le Brésil n’ont cessé de s’intensifier, gagnant des secteurs aussi variés et riches que les agro-ressources, l’informatique, le génie biomédical, etc. Si le réseau de l’UTC couvre désormais tous les États d’un pays grand comme quinze fois la France, les relations sont particulièrement importantes avec quatre universités – la PUCPR, l’UFPR et l’UTFPR dans l’État du Paraná et l’université de Recife dans l’État de Pernambuco – ainsi qu’avec la Fédération des industries du Paraná (FIEPR). Des échanges étudiants aux doubles diplômes en passant par les thèses en cotutelle, les relations UTC-Brésil ne demandent aujourd’hui qu’à prendre de l’ampleur. Le point sur une histoire passionnante de trente ans.

Le Brésil et l’UTC, une histoire qui dure

« La formation professionnelle GTU de l’UTC, dirigée par Max Schaegger avant qu’il ne prenne la direction des relations internationales de l’UTC, fut d’emblée un grand succès. Grâce à son ouverture internationale vers l’Amérique latine et l’Afrique, elle a permis à une trentaine d’étudiants par an, venus des quatre coins du monde, de découvrir l’UTC et son expertise sur les questions urbaines. Délivrée en grande partie par des professionnels dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports, des déchets, etc., et complétée par un stage sur le terrain, cette formation d’un an était tout à fait novatrice  », se souvient Sérgio Asinelli. Ces élèves ont par la suite constitué les bases d’un réseau qui a porté de nombreux fruits au Brésil.
Car dès son retour dans l’administration de l’État du Paraná, Sérgio Asinelli envoya chaque année des élèves à l’UTC. En 1986, cette formation fut transférée à la PUCPR à la demande du Brésil : elle fut assurée en partie par des experts français, qui ont formé plus de 400 personnes en vingt ans. En parallèle, les échanges universitaires d’étudiants débutent entre la PUCPR, l’UFPR et l’UTFPR. «  Grâce à la sélection des élèves envoyés et à la qualité de la formation reçue à l’UTC, des programmes de collaboration ont vu le jour avec la Fédération des industries du Paraná, dont l’une des missions est la formation de ses membres  », retrace Sérgio Asinelli, qui fut le directeur général du centre d’innovation de cette fédération.

Le « bras technologique » des industries du Paraná

Parmi ces programmes de collaboration, celui portant sur l’informatique industrielle figure parmi les plus importants. « L’UTC nous a aidés à organiser une formation avec le double objectif de former des docteurs et des professionnels en informatique industrielle. Depuis cette époque, l’UTC est devenu le bras technologique du secteur industriel du Paraná. » Faire appel aux compétences et au réseau de l’UTC devient alors un réflexe pour la Fédération des industries, quelle que soit sa problématique technologique. Des coopérations se tissent avec tous les organismes ayant des besoins en innovation technologique.
« Toutes les personnes dépêchées par l’UTC se sont montrées compétentes à la fois dans leur domaine et dans leurs relations interculturelles avec les Brésiliens  », souligne Sérgio Asinelli, qui cite, par exemple, les professeurs Daniel Thomas et Émile Segard, venus plusieurs fois au Brésil pour aider les industries du Paraná à valoriser, sur le territoire, les matières agricoles qui y poussent en abondance. L’UTC a également participé au rapprochement de nombreux industriels de la Picardie et du Paraná. Ainsi, le groupe Solabia, spécialisé dans les biotechnologies et la cosmétique, a ouvert deux unités de production et un centre de R&D dans l’État du Paraná. Aujourd’hui, la Picardie et le Paraná travaillent à leur rapprochement.

Un réseau dynamique à travers le Brésil

Près de 800 étudiants et quelques doctorants traversent l’Atlantique tous les ans dans les deux sens, des doubles diplômes ont été créés et d’autres sont en cours, le réseau des anciens de l’UTC est dynamique à Curitiba, capitale de l’État du Paraná où la présence de l’UTC est la plus importante. Ces diplômés occupent le plus souvent des postes de direction dans les grandes entreprises, de Renault à Siemens. «  La réputation de l’UTC dépasse les frontières du Paraná, assure Sérgio Asinelli. Au vu des bons résultats obtenus par la FIEPR, la Confédération nationale de l’industrie, dont je fus directeur général, a ouvert des formations et des séminaires avec l’UTC pour toutes les fédérations. Au moins une poignée de personnes, dans chacun des 27 États du Brésil, a bénéficié d’un programme avec l’UTC.  »
À cet égard, l’exemple de l’université de Recife et de sa formation en génie biomédical est emblématique.

Des relations personnelles aux échanges institutionnels

Les défis restent encore nombreux pour consolider et développer les relations entre l’UTC et le Brésil. Il faut officialiser les échanges, plus souvent liés aux personnes qui les portent qu’aux institutions, développer des programmes de recherche et des laboratoires communs, etc. Les relations historiques avec le Brésil confèrent à l’UTC une légitimité pour renforcer les coopérations. Et pour donner un nouveau souffle, rien de tel que de retrouver les fondations des débuts : « Aujourd’hui, nous souhaitons reprendre l’ancien programme GTU en lui ajoutant une forte dimension développement durable. Les négociations sont en cours, explique Sérgio Asinelli. Les opportunités sont immenses, reste à les saisir.  »