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Des profils appréciés par l’entreprise, l’exemple de Renault

Sur le site Ayrton Senna de Renault à Curitiba, il n’est pas rare de croiser des ingénieurs passés sur les bancs de l’UTC. De la direction marketing à la direction d’usine de production, ils occupent aujourd’hui des postes intéressants. L’expérience culturelle et la formation reçue à l’UTC expliquent en partie ce phénomène.

Des profils appréciés par l’entreprise, l’exemple de Renault

« Faire la démarche d’étudier à l’étranger révèle déjà une certaine ouverture d’esprit, introduit Alain Tissier, vice-président de Renault Brésil. Les Brésiliens, dont le pays est grand comme 17 fois la France, profitent souvent de leurs études à l’étranger pour visiter l’Europe. Par rapport à ceux qui n’ont pas quitté leur pays, ils reviennent avec une valeur ajoutée importante au moment d’entrer sur le marché du travail.  »

L’arrivée de Renault à Curitiba, un complexe industriel de 250 hectares dans l’Etat du Paraná, fut concomitante des premiers échanges universitaires. L’implantation d’une entreprise française a orienté l’attention des étudiants vers la France, même si l’attraction des Etats-Unis reste dominante. « A l’époque, la ville se préparait à accueillir des entreprises françaises. Aller en France me paraissait donc intéressant d’un point de vue professionnel », se souvient Milton Trein, aujourd’hui chef du service de planification économique et stratégique de Renault Brésil. En 1998, il fut sélectionné par l’Université fédérale de Paraná pour faire partie du deuxième groupe d’étudiants brésiliens envoyés à l’UTC, « l’année de la Coupe du Monde », s’amuse-t-il.

Comprendre les différences culturelles, une plus-value essentielle

En 1998, il était plutôt rare d’étudier à l’étranger. Le Brésil se stabilisait au niveau économique, mais il restait compliqué de quitter le pays. Mitlon Milton Trein décrit son année à l’UTC comme déterminante pour comprendre la culture française. « Par exemple, en réunion, les Français peuvent hausser le ton en cas de désaccord sans que cela n’affecte leurs relations, alors qu’un Brésilien refuse l’affrontement, prendra personnellement toute attaque et cherchera le consensus. Cela peut paraître anecdotique, admet-il, mais ces règles du jeu sont fondamentales pour éviter des réflexes de soumission à l’autorité et les situations de consensus mou. »

Et les Brésiliens voient, eux, «  le Français comme une personne qui crie et ne se lave pas, sourit Alain Tissier. A compétences égales, la compréhension de la culture de l’autre est une plus-value essentielle. C’est pourquoi ceux qui sont passés par l’UTC et ont effectué un stage en France atteignent des postes de direction. » A Compiègne, Milton Trein avait opté pour des cours de gestion et d’économie, complémentaires de sa formation d’ingénieur en génie mécanique, puis avait rejoint Faurecia pour six mois de stage. «  La vision de l’UTC, plus orientée vers l’entreprise que les cours de l’époque à l’Université fédérale de Parana, m’a beaucoup apporté pour ma vie professionnelle. Parler le français me permet aussi de ne pas décrocher quand les réunions basculent dans cette langue !  »

Renault au Brésil

Le Brésil fut la première expérience d’implantation de Renault en dehors de l’Union européenne. A Curitiba, l’usine fabrique des véhicules particuliers et utilitaires légers (Logan, Sandero, Duster, Mégane II, Master III, pour une capacité de 380 000 unités annuelles), ainsi que des moteurs. Les ventes n’ont cessé de progresser après une phase d’adaptation au marché, faisant de Renault la 5ème marque du Brésil, marché très concurrentiel. « L’activité de Renault a doublé depuis son implantation, grâce à l’émergence d’une nouvelle classe moyenne importante. Deuxième pays au monde pour Renault en termes de vente, après la France, le Brésil contribue à la croissance globale du groupe, avec la Russie, l’Inde, etc. A Curitiba, l’influence française était quasiment inexistante avant l’arrivée de Renault, qui emploie aujourd’hui 6 500 personnes, sans compter les 25 000 emplois indirects », détaille Alain Tissier. Aujourd’hui, les expatriés ont laissé la place aux cadres brésiliens et sud-américains. Certains sont même recrutés en France, où leur profil - positif, ouvert et travailleur - est apprécié.