Portraits

Chine : une terre de découvertes et de croissance

Son projet de fin d’études l’avait emmené en Italie, il en avait gardé le goût de vivre à l’étranger. Nicolas Souraqui travaille en Chine depuis quatre ans pour Oxylane, maison mère de Décathlon, et décrypte les caractéristiques de ce marché au dynamisme communicatif.

Chine : une terre de découvertes et de croissance

C’est vrai qu’il y a la pollution, le bruit, le trafic, les incompréhensions culturelles quotidiennes, mais vivre à l’étranger me procure un sentiment extraordinaire de découverte perpétuelle  », explique Nicolas Souraqui.

À Shanghai, ce Parisien d’origine a trouvé un univers urbain et cosmopolite qui lui plaît, où l’offre culturelle, le mouvement, le dynamisme et la nouveauté satisfont son plaisir de découvrir. Il vit à deux heures de transport de son bureau, situé à Suzhou, mais cela ne le dérange pas.
« Le train est arrivé deux fois en retard, le métro fonctionne très bien, je travaille dans les transports.  » En quatre ans, son cadre de vie a beaucoup changé, à l’image de cette Chine qui bâtit sans relâche : une route en travaux est devenue un périphérique aérien quasiment saturé, la ville de Suzhou s’est développée de façon exponentielle pour compter 6 millions d’habitants et une forte communauté internationale, alors qu’il n’y avait nulle part où sortir quand il est arrivé.
« En France, les chantiers s’échelonnent sur des décennies, comme pour le Grand Paris. La Chine compte en mois. Je lis beaucoup les journaux français, mais nous parlons peu de la crise économique entre expatriés, nous ne subissons pas cette pesanteur  », détaille Nicolas Souraqui.

Il vient de passer quatre années à encadrer le bureau des achats de Suzhou, qui compte une cinquantaine de personnes chargées de suivre 50 fournisseurs chinois, ainsi qu’une usine Oxylane de 70 personnes, pour l’assemblage d’un vélo destiné au marché local. « Nous nous impliquons beaucoup auprès de nos fournisseurs pour le développement des produits, l’optimisation de leurs capacités de production, le suivi des achats et de la qualité. Contrairement aux marchés européens et d’Afrique du Nord, les fournisseurs chinois envisagent l’avenir en grand et se donnent les moyens d’investir dans de nouvelles capacités de production. En revanche, leur savoir-faire industriel n’est pas encore au niveau européen, leurs méthodes de travail sont moins solides. Assez peu autonomes, ils ont besoin de notre présence sur le terrain pour résoudre les problèmes techniques et garantir le niveau de qualité exigé, compare Nicolas Souraqui. Ils sont à l’écoute et apprennent vite. »

Ce diplômé en génie mécanique encadre des fournisseurs situés dans trois provinces de l’est de la Chine, dans le secteur mécanique : composants de vélos, d’appareils de fitness, équipements de camping, trottinettes, accessoires de sports collectifs (paniers de basket, buts de football, etc.). La politique industrielle de la Chine, reposant sur des investissements massifs en R&D, en transferts de technologie et en formation, vise à positionner l’Empire du Milieu sur des marchés à plus forte valeur ajoutée.
Déjà, pour des secteurs comme le textile, l’atelier du monde devient moins compétitif que certains de ses voisins. « Mais les écoles d’ingénieurs chinoises n’ont pas encore le niveau des écoles françaises. Quand ils sortent de leurs universités, où l’esprit d’initiative n’est pas valorisé contrairement à la parfaite exécution des ordres, il faut tout leur apprendre en termes de détection, d’analyse et de résolution des problèmes : c’est un déficit que nos ingénieurs peuvent combler. Parler chinois et connaître la culture chinoise sont deux atouts. Par contre, notre main-d’œuvre ne sera pas toujours la bienvenue : déjà, pour obtenir un visa de travail, il faut justifier de deux années d’expérience pour laisser les premières embauches aux jeunes diplômés chinois. La Chine ne recherche plus que des profils à vraie valeur ajoutée. Cette tendance se confirmera dans la décennie à venir vu la quantité d’étudiants qui sort chaque année des universités chinoises.  » Avec l’appui d’UTSEUS, Nicolas Souraqui aimerait dynamiser le réseau des anciens UTC dans la région de Shanghai, où ils sont une quarantaine, afin de guider au mieux les étudiants qui souhaitent travailler en Chine.

Bio-express

1979 : nait à Paris

  • 1998 : bac S avec mention puis intègre l’UTBM
  • 2000 : semestre d’étude à Montréal à Concordia University, puis rejoint l’UTC en Génie Mécanique
  • 2003 : diplôme d’Ingénieur UTC, V.I.E. pour DECATHLON Italy à Milan, Responsable Qualité Fournisseurs
  • 2005 : Responsable Qualité Fournisseurs au bureau de production de DECATHLON France à Lyon
  • 2006 : Responsable Qualité-Industrialisation au bureau de DECATHLON France à Lyon pour les procédés mousses expansées
  • 2007 : Directeur Qualité de l’univers Industriel Mécanique au siège du groupe Oxylane à Lille
  • 2009 : Direction du bureau d’achat pour l’univers Industriel mécanique en Chine à Suzhou
  • 2012 :Direction de l’usine d’assemblage de vélo basée à Suzhou
  • 2013 : intègre le programme EMBA UCLA-NUS (5ème mondial, Financial Times 2012)