Dossier

26 : Le Brésil et l'UTC, une histoire qui dure

26 : Le Brésil et l'UTC, une histoire qui dure

Agro-ressources : coopération et innovation

L'une des raisons qui sous-tend cet intérêt pour le Brésil, c'est la possibilité de comparer les procédés rattachés à la canne à sucre dans un pays tropical avec ceux développés en France autour de la betterave et du miscanthus. " Dans la logique de bioraffinerie développée par PIVERT, qui consiste à valoriser l'ensemble de la plante, la valeur essentielle est celle de la production de biomasse à l'hectare. La canne à sucre produit certes moins de sucre à l'hectare que la betterave, mais la bagasse est valorisée par cogénération dans les usines, ce qui permet aux industriels brésiliens d'être autonomes en énergie et de revendre de l'électricité, ce qui améliore la compétitivité de l'éthanol brésilien ! C'est impossible avec la betterave ", compare Daniel Thomas.

Paraná, São Paolo et Alagoas

De nombreuses interactions sont développées avec les fédérations des industries, notamment dans les États du Paraná, de São Paolo et d'Alagoas, où la canne à sucre pousse en quantité, et avec l'université fédérale du Paraná, où le professeur Soccol est le chercheur brésilien dans ce domaine le plus cité de la littérature scientifique.

Les contacts de l'UTC se développent aussi par le biais du groupe coopératif Tereos, l'un des membres composant le noyau dur du pôle Industries et Agro-Ressources (avec Cristal Union, Roquette, Sofiprotéol, Soufflet et Vivescia), devenu au Brésil le 2e producteur de sucre et d'éthanol via sa filiale Guarani, cotée en bourse. " J'ai ouvert la conférence annuelle de la canne à sucre dans l'État d'Alagoas en novembre 2012, et j'y retourne en mars pour intervenir [supprimer " dans "] lors d'un congrès sur la transition énergétique et les agro-ressources ", détaille Daniel Thomas.

Vers les agro-carburants de 2e génération

Au Brésil comme en Europe, la production d'agro-carburants de 2e génération mobilise les énergies. De ce côté-ci de l'Atlantique, le projet Futurol labellisé par le pôle IAR dispose d'un budget de 76,4 millions d'euros. À 10 000 km vers l'est, GraalBio, entreprise de biotechnologie de l'État d'Alagoas, a annoncé un investissement de 91 millions d'euros pour construire la première usine d'agro-carburant de 2e génération. " Nous échangeons avec eux. Au Brésil, seules les feuilles de la canne à sucre ne sont pas encore valorisées. Elles représentent 3 à 4 % de la biomasse produite par la canne à sucre et produiront le bioéthanol de 2e génération. Pour les collecter, au lieu de les brûler sur place, les Brésiliens ont mis au point un nouveau machinisme agricole, très intéressant pour les échanges de savoir-faire entre nos industries. Ils ont été innovants sur tous les process compris entre le champ et l'usine ", estime Daniel Thomas, qui rappelle que le plus gros employeur de Picardie est AGCO-Massey Ferguson [Ferguson (un seul s)] ! L'UTC et ses partenaires amènent, eux, une réflexion aboutie en matière de bioraffinerie.