Dossier

26 : Le Brésil et l'UTC, une histoire qui dure

26 : Le Brésil et l'UTC, une histoire qui dure

A l’interface des cultures

Arrivé à Compiègne en 1996 « d’un petit lycée de province », Romain Mallard voit d’abord dans l’UTC « une opportunité fantastique d’apprendre, de voyager et de rencontrer d’autres étudiants d’origines plurielles, du fils d’un ministre Togolais au lycéen picard en passant par l’étudiante carioca » aime-t-il à raconter. La vie associative à l’UTC lui apporte également beaucoup. Il participe d’ailleurs avec une dizaine d’amis à la création de l’association Contact au Mali, ce qui bouleverse alors complètement sa conception du développement. « Nous étions à l’époque un groupe de jeunes idéalistes européens qui avons beaucoup appris de cette expérience » raconte-il. Diplômé en génie mécanique, Romain Mallard passera finalement au cours de ses études à l’UTC plus de 2 ans à l’étranger et voyagera à travers 8 pays sur 4 continents. Le jeune ingénieur retient essentiellement de son passage à l’UTC deux choses. D’abord, la culture scientifique et technique solide qui y est dispensée et par laquelle il devient possible selon lui « d’acquérir toujours plus de connaissances ». Ensuite, un esprit d’ouverture qui permet de se remettre en question constamment et de travailler avec des gens d’horizons très divers. « En tant que directeur des technologies et actionnaire de DigitalSK, je dois aujourd’hui mobiliser et manager des personnes aux profils diversifiés : d’un scénariste brésilien formé à la Sorbonne, à un ingénieur réseau, en passant par un directeur financier spécialiste des fluctuations des taux d’intérêts. Il faut savoir mettre des personnes compétentes en relation sans perdre de vue ses objectifs propres ».

Complétant sa formation par un master en informatique appliqué au Brésil, "le jeune étudiant sans expérience" monte, au contact de « chercheurs de l’UTC et du PUCPR (Pontifícia Universida de Católica do Paraná), un projet particulièrement risqué dans le domaine de l’édition numérique, marché alors méconnu ». Mais les technologies robustes et innovantes développées à l’UTC dans ce domaine, tout comme le réseau d’acteurs brésiliens et français consolidé depuis une vingtaine d’années entre l’UTC et le Paraná, rendent aujourd’hui son projet viable. En effet, connaissant une forte croissance sur certains secteurs comme l’énergie, les biens de consommation, l’aéronautique ou la santé, le Brésil doit générer immédiatement des besoins en formation, et ce à grande échelle. Digital SK met ainsi en place et accompagne des dispositifs innovants de formation et gestion des connaissances.

« Nous travaillons depuis 2003 pour des grands groupes industriels comme Volvo ou Electrolux, des institutions à but non lucratifs comme l’Institut Brésilien de Qualité et Productivité, le Ministère du tourisme brésilien ou encore l’industrie pharmaceutique. Nous formons sur des cycles courts des centaines de personnes qui travaillent à des milliers de kilomètres de distance. Notre principal objectif est que nos clients obtiennent des résultats tangibles grâce à la mise en place de dispositifs comme les chaînes éditoriales numériques basées sur SCENARI et les technologies de productions audiovisuelles développées par Skema. Les enjeux sont colossaux. Nous cheminons pour devenir l’un des acteurs de référence dans ce domaine au Brésil d’ici à 2010 ». Que lui souhaiter alors de plus aujourd’hui ? « Continuer à apprendre de mes erreurs. Bizarrement, on apprend beaucoup plus lorsque cela ne marche pas et si l’on est capable de s’en rendre compte à temps » répond le jeune entrepreneur, lucide. « Préférer suivre des exemples plutôt que des conseils. Entreprendre est une très bonne école pour qui veut apprendre à faire des choix et en assumer les conséquences ».