Articles

S'adapter pour avancer

L’un des chemins passe-t-il par l’UTC ? En tous les cas, celui qui va du lycée Franco-iranien de Téhéran à la vice-présidence de groupes mondiaux comme Pepsi-Co ou Campbell’s y a fait escale.

S'adapter pour avancer

« L’UTC m’a appris à naviguer et trouver les meilleurs options pour progresser. L’UTC m’a en outre appris à construire et entretenir des réseaux internes et externes à l’entreprise qui m’ont permis de progresser dans mon métier». Un mot revient souvent quand elle parle de son arrivée en France et de ses études à l’UTC, le « system D! » D’abord lors des deux premières années en DEUG de science à Orsay où il a fallu se remettre à niveau en math et en physique au regard du Bac obtenu à Téhéran, puis lors d’une année préparatoire en chimie avant d’intégrer l’UTC en second cycle « Nous étions quatre ou cinq filles seulement dans la promo et nous avons appris à travailler ensemble, à réfléchir ensemble afin de trouver des solutions parfois uniques et créatives pour s’en sortir » explique cette Franco-Iranienne. A la base la biologie puis la chimie s’imposent comme une stratégie d‘abord pour sortir d’Iran avant que n’éclate la révolution, puis pour intégrer l’UTC, cela deviendra bien plus quand elle comprend que les études des sciences dépassent largement le cadre de l’enseignement et du laboratoire pour se répandre dans toutes les dimensions de la société, l’UTC a eu son rôle dans cette prise de conscience avec l’ouverture au monde industriel voulue par son président d'alors Mr Deniélou.

 

A la tête du pilote

« Le passage de l’UTC au monde de l’industrie s’est fait naturellement grâce à cette ouverture vers l’entreprise ». Après différents stages et projets, elle débute une thèse à l’UTC, en partenariat avec l’industriel BN (Les Biscuiteries Nantaises) à Compiègne, sur le procédé d’extrusion des Cracottes (biscuits). Elle découvre alors que la science s’initie en laboratoires mais trouve son application et sa raison d’être à l’usine. Une thèse à peine rédigée, elle est recrutée par Nestlé sur le même sujet qui lui donne sa chance dans l’agro-alimentaire sa voie dorénavant. Quelques années au centre de Recherche et développement d’Amiens comme responsable de l’innovation puis à la direction du pilote, une usine miniature destinée à simuler la fabrication en volume des produits, un endroit privilégié pour côtoyer l’usine sans les 3/8 !, innover en repensant les produits et le “process”. A 28 ans, elle dirige une quarantaine de techniciens, d’ouvriers et de jeunes ingénieurs (de l’UTC !), et est en charge d’un outil de production. « Il a été nécessaire de se montrer humble et de faire confiances aux employés comme aux seniors ».

 

L’aventure américaine

Nestlé l’envoie bientôt dans l’Ohio pour une nouvelle mission mais sur une plateforme de développement du Nescafé et Nesquik, de première importance pour le marché local, l’Amérique du Nord où l’entreprise envisage déjà une progression importante de ses parts de marché. Nesté lui confie ensuite la responsabilité de l'innovation en Californie mais cette fois-ci pour l’ensemble de ses gammes de produits. Elle est rapidement recrutée par Pepsi-Co. Fini le rôle d’ingénieur elle endosse celui de “ manager” en tant que vice-présidente en recherche et développement, en charge à la fois des équipes et des projets. « L’esprit d’adaptabilité et le pragmatisme dans la pratique de mon métier, cultivés en partie durant mes années à l’UTC a dû se doubler d’une vision plus stratégique et globale du “Business & Marketing".»

 

L’aventure asiatique

PepsiCo l’envoie alors en Asie en charge de repenser et développer l’innovation sur l’ensemble de la région, Chine et Asie Pacifique, elle déménage une fois de plus avec sa famille pour Shanghai afin d’y construire et mettre en place le premier Centre de Recherche de PepsiCo sur la région Asie Pacifique. « Avec peu de moyens humain au démarrage, il a été nécessaire d’embaucher, imaginer et construire les bâtiments, d’installer les équipements en traitant avec la Chine, l’Australie, la Thaïlande, le Japon.» Trois années qui bouleversent sa vision d’un monde qui explose et nécessite une adaptation culturelle importante.

 

Et l’Europe dans tout cela!

La suite de sa carrière la ramène à Genève au siège de PepsiCo Europe, en tant que Vice-présidente de la R&D pour l'Europe de l’Ouest et l’Afrique du Sud, où elle retrouve un rythme plus serein, plus conforme au marché mature de la région. La tâche n’est pas sans difficulté pour autant puisqu’elle consiste à innover dans un marché européen déjà saturé et convoité par les marques distributeurs qui cassent les prix. « Il est indispensable de mieux comprendre l’émotionnel des consommateurs afin d’innover sur un marché établi» nous dit-elle cette fois.

 

Développer l’infrastructure d’innovation ("breakthrough")

Manque de dynamisme du vieux continent et volonté de retrouver un challenge professionnel sur un continent qui l’a construite, Anouchah Sanei repart en 2016 pour les états-Unis afin d’occuper le poste de Vice-présidente du département Global Science & Technology chez Campbell Soup. Pionnière dans la fabrication des soupes en conserve depuis 150 ans, la société cherche à s’imposer dans le frais, les snacks les “cookies” et les jus pour développer une gamme diversifiée de produits dit de santé, le "Challenge" : la santé dans nos assiettes. Passionnée par l’agroalimentaire et la nutrition elle l’est aussi de Yoga et de bien-être, toujours dans le mouvement mais disponible et à l’écoute, sachant relever des défis avec modestie et trouver les équilibres nécessaires à l’atteinte de ses objectifs, Anouchah Sanei a su mener sa carrière comme une aventure d’ “Exécutive woman»en perpétuel mouvement mais toujours les pieds sur terre. n