Portraits

Le goût du challenge et de l’ailleurs

Sabine Beslay est Senior regional Manager project engineering management pour la région Asie Pacifique chez BASF à Shanghaï. Cette UTCénne diplômée en génie des procédés nous raconte son parcours professionnel riche de nombreux séjours à l’étranger.

Le goût du challenge et de l’ailleurs

Dès le collège puis le secondaire, les matières techniques et scientifiques ont la préférence de Sabine Beslay. Elle choisit d’étudier l’ingénierie pour son côté concret avec des résultats visibles rapides en s’inscrivant à l’UTC en 1985 dans la filière génie des procédés. « La chimie n’était pas mon domaine favori mais cela a représenté une porte d’entrée vers le métier d’ingénieur » confie t-elle. Elle a particulièrement apprécié la polyvalence et le caractère pratique de cette formation tournée vers l’opérationnel et la conception d’unités de production – dessin et étude dans l’espace -.

Ouverture intellectuelle et humaine
« J’en garde un très bon souvenir tant sur le plan de l’enseignement qu’humainement. L’UTC forge l’indépendance d’esprit tout en enseignant la rigueur » résume t-elle. Elle insiste sur la variété des thèmes et des sujets abordés qui lui a permis d’acquérir un large éventail de connaissances sans se disperser. Les nombreux stages en entreprises réalisés pendant son cursus ont été très valorisants pour sa vie professionnelle ultérieure. L’application directe des connaissances l’a séduite : « Mes cours préférés étaient les travaux pratiques où nous développions directement un projet complet ».

Le « melting pot » de l’UTC constitué d’étudiants issus de cursus, de milieux sociaux et de nationalités différentes a été très enrichissant. « Cela amène à une certaine ouverture d’esprit utile si l’on veut travailler à l’international » analyse la cadre supérieure. Une atmosphère de travail stimulante sans esprit de compétition à outrance a été également un des points forts de ces trois ans et demi passés à Compiègne : « Contrairement à d’autres grandes écoles, les étudiants ont du temps pour le travail en commun et les loisirs ».

Une carrière marquée par l’international
Diplômée de l’UTC en 1989, Sabine Beslay débute alors comme ingénieure procédés dans une usine de Rhône-Poulenc - devenu Aventis puis Sanofi - basée sur Lyon et produisant de la silice destinée à de nombreuses applications industrielles. « Là-bas, j’ai été confrontée à des tâches très diverses où j’ai du utiliser mon savoir acquis en cours mais aussi développer de nouvelles compétences directement sur le terrain » se souvient la manager maintenant en charge de projets répartis sur une région vaste comme l’Europe. L’autonomie, des challenges et des projets à court et moyen terme ont fait de ces débuts, des moments passionnants et marquants pour la suite de sa carrière : « Les liens et échanges avec les collègues et clients m’ont fourni beaucoup d’occasions de voyager. Eviter la routine et relever des défis est ce que j’ai constamment recherché par la suite ».

Après des fonctions en Angleterre, Sabine Beslay s’envole pour l’empire du milieu en 2000 toujours pour Aventis. Son premier contact avec ce pays a joué un rôle essentiel dans sa décision de rester : « J’ai débuté à Hangzhou, dans un cadre naturel superbe très différent de l’énorme et bruyante Shanghaï où je séjourne actuellement ». L’enthousiasme de ses collègues chinois, désireux d’apprendre et de partager, lui a permis de s’intégrer rapidement. Ces premières années chinoises lui ont également appris quelques règles de communication utiles : « J’ai compris qu’un simple « oui » poli ne signifiait pas que l’on était compris et qu’il ne fallait pas hésiter à se répéter ». Depuis son arrivée il y a 15 ans, la pratique de l’anglais en entreprise a cependant progressé. La relation avec les autorités reste cependant, selon elle, encore difficile sans maîtrise du chinois. Aux étudiants tentés par la Chine, elle conseille donc l’embauche dans une société étrangère.

L’encadrement d’une équipe composée majoritairement de Chinois lui a permis de découvrir les pratiques locales de management. Elle a noté une soif d’apprendre et un dynamisme réels mais aussi un manque d’autonomie et de prise d’initiative. Plus encore qu’ailleurs, la planification et le suivi régulier des progrès sont fondamentaux pour mener à bien un projet : « La hiérarchie et le respect des consignes jouent un rôle beaucoup plus important qu’en Europe. On ne peut pas fixer un objectif à atteindre sans donner précisément la méthodologie à appliquer ». Elle en conclut, qu’en Chine, la place de l’individu dans l’entreprise reste encore à trouver.