Dossier

16 : Optimiser les procédés pour tendre vers un développement durable

16 : Optimiser les procédés pour tendre vers un développement durable

Le glycérol : une matière première renouvelable à bas coût

Comment atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans les transports d'ici 2020, objectif que s'est fixé l'Union européenne ? Pour y parvenir, les biocarburants semblent offrir pour le moment une solution alternative aux combustibles fossiles non durables. " On est face à une équation à deux variables : il faut produire de l'énergie avec une source qui se tarit et qui produit du dioxyde de carbone, dont on connaît les conséquences sur l'environnement ", explique Aïssa Ould Dris, responsable de l'équipe Transformations Thermiques et Catalytiques du laboratoire TIMR.

Parmi ces biocarburants, certains sont obtenus à partir d'huiles issues de la biomasse et transformées par un procédé chimique appelé transestérification. " Comme son nom l'indique, cette réaction va produire un ester mais également du glycérol ", souligne Christophe Len, enseignant-chercheur à l'École Supérieure de Chimie Organique et Minérale (ESCOM). Ce dernier coproduit va pouvoir être valorisé pour représenter une matière première de faible coût, ceci afin de conforter la balance économique de l'ensemble de la filière. " Parmi les nombreux composés pouvant être obtenus à partir du glycérol figure en effet l'acroléine. Cette molécule, hautement toxique, permet la synthèse de nombreuses molécules d'intérêt comme l'acide acrylique et de ses esters utilisés dans la fabrication de fibres textiles, de matières plastiques et de peintures acryliques. " Différentes approches sont ainsi appréhendées par notre laboratoire dans l'optique de valoriser le glycérol et limiter les risques inhérents à sa toxicité et à son stockage, ainsi qu'à la manipulation de l'acroléine, continue Christophe Len. Je pense notamment à la synthèse thermochimique flash, l'utilisation de l'eau sub-critique comme solvant ou à l'activation sous irradiation micro-onde. " Autant de procédés complexes mais indispensables, que le laboratoire TIMR s'attache à optimiser, pour produire transitoirement l'acroléine.