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Ouverture et ténacité

BI-SAM a été sacrée 23e plus belle PME-ETI indépendante de France par L’Entreprise. Ce classement annuel récompense « les championnes hexagonales de la rentabilité et de la croissance ». Portrait d’un de ses fondateurs, Alexandre Harkous, P-DG de BI-SAM et diplômé de l’UTC en génie informatique.

Ouverture et ténacité

La première clé pour parvenir à cette belle reconnaissance ? " Avoir une bonne idée et y croire ", estime Alexandre Harkous, qui a cofondé BI-SAM en 2000, huit ans après quitté les bancs de l'UTC. Cette entreprise édite des logiciels dans le domaine de la gestion d'actifs financiers. Elle emploie 100 personnes, réalise 20 millions d'euros de chiffre d'affaires et s'est spécialisée dans l'analyse de la performance des gérants de portefeuille, en fonction des risques qu'ils prennent au regard de la conjoncture des marchés. Avant de créer BI-SAM, Alexandre Harkous travaillait dans le monde de la finance. " Au préalable, il faut déterminer et valider avec soin les besoins du marché, ce qui passe par la signature du premier contrat avec un client, explique-t-il. Le premier client crée l'élan pour le développement de l'entreprise. Le nôtre est arrivé quatre mois après la création de BI-SAM. " La deuxième clé, c'est la constitution d'une bonne équipe, " capable d'y croire et de s'investir ".

" La réussite de BI-SAM tient énormément à son équipe. Une jeune entreprise peut compter sur le réseau de l'école pour débuter son recrutement. Parmi les trois fondateurs de BI-SAM, deux sortaient de l'UTC et un d'une école de commerce. Nous sommes parvenus à attirer des talents grâce à notre motivation et à notre produit innovant ", détaille Alexandre Harkous. En effet, la première solution de BI-SAM est le fruit de deux années de R&D, et l'entreprise continue d'investir 3 millions d'euros par an en R&D.

" What's next ?"

Troisième clé : aller chercher les marchés. Ainsi, après trois années, Alexandre Harkous a su quitter Compiègne, qui offrait l'environnement idéal pour le développement technologique de l'entreprise, et gagner Paris, où se trouvaient les clients. " L'UTC nous aidait beaucoup. L'université a apporté les bases de l'équipe, nos premiers bureaux - 15 m2 au centre de transfert - et les encouragements de messieurs Peccoud et Orlinski. Ce fut donc un choix difficile de quitter Compiègne, sans compter que le coût du développement de l'entreprise et le degré de compétition étaient bien supérieurs à Paris. C'était un risque à prendre ", se souvient-il. Après Paris, ce fut Londres en 2005, puis les États-Unis en 2009, Hong Kong en 2012, et BI-SAM réalise désormais 80 % de son chiffre d'affaires à l'international. " Londres fut une étape décisive, qui a fait prendre une autre dimension à l'entreprise. S'implanter aux États-Unis au cœur de la crise fut un pari risqué, auquel nos actionnaires ne croyaient pas. Mais ils nous ont suivis, et nous réalisons aujourd'hui 35 % du chiffre d'affaires outre-Atlantique. Chaque étape clé exige de prendre une décision risquée, de franchir un palier. Une fois qu'il est atteint, il faut se reposer la question ''what's next ?'', sans quitter des yeux la vision qui guide ces choix. " Pour BI-SAM, la prochaine étape consiste à créer une solution de service permettant aux entreprises de bénéficier des logiciels de l'entreprise sans devoir les installer. " Nous passons dans le monde du cloud pour élargir le périmètre de nos clients, résume Alexandre Harkous. Nous projetons aussi un développement en Asie du Sud-Ouest et en Afrique du Sud. "

Vingt postes à pourvoir

Voir son entreprise classée 23e sur l'échelle des 100 plus belles PME de France lui apporte une fierté supplémentaire. " C'est une bonne surprise, qui donne un peu plus d'adrénaline ! Nos plus belles réussites restent la satisfaction de nos clients et la fidélité de nos collaborateurs, dont 20 % détiennent des actions de BI-SAM ", souligne celui qui rencontre aujourd'hui des difficultés de recrutement : 20 postes d'ingénieurs en informatique sont à pourvoir ! Seule condition : parler anglais. Et s'il existe des qualités qui font un bon entrepreneur, pour Alexandre Harkous elles sont au nombre de trois : " Ouverture internationale, savoir motiver et diriger une équipe, être tenace dans la difficulté, se relever et y croire. "

Bio express

  • 1992 : Diplômé de génie informatique à l'UTC Responsable informatique à la Mitsubishi Bank, puis à la banque Demachy Worms
  • 1995 : Directeur des missions puis directeur de la gestion clientèle à SIP (Misys Group)
  • 1998 : Deloitte Consulting, où il développe le pôle Asset Management, en travaillant sur différentes missions, notamment pour ABN Amro AM, Banque du Louvre, CIC Group, Dresdner RCM Global Investors, HSBC, Merrill Lynch.
  • 2000 : Création de BI-SAM