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Optimiser les achats des TPE-PME

Entré à l’UTC en 2002, Emmanuel Monleau est aujourd’hui chef d’entreprise. Il a créé Codequa, cabinet de conseil en achats pour les PME et les TPE, en mars 2013.

Optimiser les achats des TPE-PME

Diplômé en Génie mécanique, filière Management des projets innovants, il s'est attaché, durant tout son cursus, à ne pas se spécialiser. " Je voulais avoir une bonne vision d'ensemble, rester un ingénieur généraliste et garder toute légitimité pour discuter avec différents interlocuteurs techniques ", précise-t-il. Emmanuel Monleau effectue son stage de fin d'études à la direction des achats de Valeo, puis se fait embaucher par l'équipementier et évolue jusqu'au poste de responsable des achats de batterie pour la zone Moyen-Orient, Europe et Afrique. Il rejoint ensuite le groupe Emerson, où il travaille jusqu'en 2012. " Lassé des grands groupes, je voulais lancer mon entreprise, se rappelle-t-il. Et j'avais constaté, sur le terrain, que les PME ont souvent un savoir-faire incroyable qu'elles peinent à valoriser parce qu'elles ne savent pas optimiser leurs achats. "

La moitié de l'activité à l'étranger

Les sociétés de conseil en achats s'intéressant rarement aux PME et aux TPE, il y avait un créneau à prendre. Emmanuel Monleau crée donc Codequa avec Guillaume Canivet, dont il partageait le bureau chez Emerson et l'envie d'entreprendre. Les deux associés ont des profils complémentaires : une expérience dans les achats pour Guillaume Canivet, une fibre commerciale pour Emmanuel Monleau. Les premières missions consistent à optimiser les achats de leurs clients, puis Codequa développe des modules de formation pour les TPE-PME n'ayant pas de service achats spécifique. " Dans les entreprises de cette taille, il est rare qu'un poste à temps plein soit dédié aux achats. Il arrive souvent qu'une personne y consacre une journée par semaine. Dans l'industrie, les achats représentent pourtant en moyenne 60% du chiffre d'affaires. Réduire de 3% ce poste a le même effet sur la rentabilité que d'augmenter les ventes de 30% ", chiffre Emmanuel Monleau. Rapidement, Codequa est sollicitée par des entreprises françaises implantées à l'étranger, ou par des entreprises étrangères, pour prendre en charge leurs achats. " Nous n'avions pas du tout prévu le développement de l'entreprise à l'étranger, alors que cela représente la moitié de notre activité aujourd'hui ! C'est parfois plus économique de passer par un intermédiaire que d'acheter en direct localement. Nous faisons donc du négoce et assurons l'achat et la livraison ", détaille le chef d'entreprise.

Une embauche en 2014

Après un an d'existence, l'entreprise implantée à Vaux-en-Velin enregistre 200 000€ de chiffre d'affaires et quelques dizaines de clients, autant en France métropolitaine qu'à l'international (Algérie, Mali, Sénégal, DOM TOM, Australie, etc.). Outre les deux associés, l'entreprise a recruté deux stagiaires en fin d'études. " Les résultats sont au rendez-vous et les perspectives, encourageantes. Mais il ne faut pas se leurrer, et ne jamais cesser de démarcher, d'appeler... Et ça fonctionne ! ", sourit celui qui ne se verse pas encore de salaire. Pour 2014, il espère doubler le chiffre d'affaires, embaucher une personne, développer de nouveaux marchés et augmenter la palette des services de Codequa. L'entreprise, située au sein d'un espace de travail collaboratif baptisé " Le comptoir éthique ", prête une attention particulière aux impacts sociaux et environnementaux des achats. " Nous prenons en considération le coût total des produits : acheter en Asie implique d'intégrer des droits de douane au coût global. Nous sommes par exemple parvenus à diviser par deux les coûts d'une solution en trouvant un fournisseur implanté à 40 km de notre client ! Il faut se poser les bonnes questions. "

Confort et salaire contre bonheur et liberté

Il dit avoir apprécié l'ouverture d'esprit que permet l'UTC grâce à la variété des enseignements proposés et à la possibilité de choisir son parcours à la carte. " Je peux aujourd'hui acheter du plastique ou du métal sans être techniquement dépassé ", relève celui qui s'est rapproché du Business Club de l'UTC. " Après avoir suivi les cours de Joseph Orlinski, il m'a semblé naturel de participer à la dynamique entrepreneuriale de l'école. Je travaille avec Tremplin UTC en Rhône-Alpes, région qui compte beaucoup de diplômés. Le réseau se dynamise ", souligne Emmanuel Monleau, que l'entrepreneuriat comble. " Je retrouve le même plaisir qu'en tant que président du BDE : un budget et un temps limités pour réaliser de grandes envies. On perd en confort et en salaire, mais quel gain en bonheur et en liberté ! "