Dossier

39 : Startup - série III

Après la série I et II présentant quelques unes des start up UTC, nous vous offrons la série III qui se poursuivra ensuite sur le web, la webTV UTC et sur les réseaux. Elles sont, s'il en fallait, une preuve que l'UTC, de part sa pédagogie à la carte et son continuum formation/recherche en favorisant l'épanouissement de ses étudiants, encourage l'expression de la créativité et de l'innovation.

39 : Startup - série III

MyScienceWork : démocratiser la science

Rendre le savoir scientifique accessible au plus grand nombre grâce à l'archivage en ligne des publications scientifique et aux réseaux sociaux, c'est l'objectif suivi par la start-up MyScienceWork. Créée en 2010 par Virginie Simon, diplômée de l'UTC dans la filière biotechnologies, et Tristan Davaille, l'entreprise de 15 salariés est désormais implantée en Europe et aux Etats-Unis. L'université de Stanford, l’institut Henri Poincaré ou bien la fondation ARC comptent parmi les clients de cette solution.

C'est au cours d’un stage dans un grand laboratoire pharmaceutique pendant son cursus UTCéen que Virginie Simon a pris conscience de l’importance de s’informer sur les travaux menés ailleurs. « L’hyperspécialisation fait parfois oublier la nécessité de se renseigner sur le contexte scientifique » insiste-t-elle en se souvenant du sujet très pointu sur lequel elle avait alors planché. Son diplôme d’ingénieur en poche, elle poursuit dans la recherche avec une thèse à l’UPMC sur les nanotechnologies pour lutter contre le cancer. C’est au cours de cette expérience que germe l’idée de mutualiser en ligne les ressources scientifiques.

« Je passais énormément de temps à faire de la veille scientifique et à identifier les bonnes personnes avec pour seule aide des résumés d’articles scientifiques disponibles gratuitement » se souvient-elle. Lors de cette thèse en convention CIFRE, elle se confronte aussi aux difficultés de la pluridisciplinarité. Elle imagine alors l’idée d’un portail unique où serait disponibles des publications de différentes disciplines. MyScienceWork est né. Diplômé de l’Ecole de commerce de Reims, Tristan Davaille rejoint l’aventure peu après offrant ainsi ses compétences en gestion et finances.« L’essentiel quand l’on veut monter un projet de start up est de trouver les bonnes personnes avec qui s’associer » explique-t-elle.

Un fonds d’investissement et le gouvernement luxembourgeois ont également rapidement cru au potentiel du projet.« Cela nous a permis de faire partie des lauréats d’un concours de start up et de partir pendant 3 mois dans la Silicon valley ». Ce séjour enrichissant a conduit à la création de la filiale américaine basée à San Francisco où vit désormais l’entrepreneuse. Un récent partenariat avec Google scholar renforce encore cette présence outre-Atlantique. Au niveau financier, les deux fondateurs ont réussi à lever 4 millions d’euros à ce jour.

 Une plateforme polyvalente

Contrairement à d’autres offres du marché, la force de cet outil est de conjuguer la puissance d’une base de données de 30 millions d’articles avec les possibilités d’échanges offertes par un réseau social. Visibilité accrue et accessibilité mondiale pour les travaux scientifiques sont au rendez-vous avec pour cible la communauté scientifique mais aussi les passionnés de sciences et journalistes. Le modèle économique repose sur la vente de plateformes à des institutions comme des universités, fondations et des écoles d’ingénieurs appelées Polaris.

Chaque structure cliente y possède un espace d’archivage des publications, un système de profil pour chaque auteur et une interface à ses couleurs . Des outils statistiques permettent aux administrateurs de mesurer l’audience des travaux publiés et de déterminer le profil des lecteurs, une aide à la décision intéressante pour affiner les stratégies de recherche. Polaris facilite également les échanges entre auteurs scientifiques en mettant à disposition 500 000 profils de chercheurs représentant 30 disciplines différentes. Des prestations sur-mesure sont également proposées ainsi que des services de communication et de vulgarisation scientifique destinés au grand public et aux médias. « Notre but est avant tout de démocratiser le savoir » conclut l’ancienne chercheuse devenue cheffe d’entreprise. n

www.mysciencework.com