Dossier

39 : Startup - série III

Après la série I et II présentant quelques unes des start up UTC, nous vous offrons la série III qui se poursuivra ensuite sur le web, la webTV UTC et sur les réseaux. Elles sont, s'il en fallait, une preuve que l'UTC, de part sa pédagogie à la carte et son continuum formation/recherche en favorisant l'épanouissement de ses étudiants, encourage l'expression de la créativité et de l'innovation.

39 : Startup - série III

Linkurious : visualiser les données massives

Comment visualiser rapidement les relations entre des millions de données qu'il s'agisse de mots-clés, de noms propres ou de transactions bancaires ? La solution développée par la start-up Linkurious propose un outil d’exploration des graphes à partir de bases de données complexes. Investigations financières, fiabilité des réseaux informatiques, travaux scientifiques, les applications sont multiples et ne cessent de se développer.

A l’écran, un ensemble de points de différentes couleurs reliés par des flèches plus ou moins grandes, nous avons en fait devant nous la restitution graphique des flux financiers et des localisations géographiques reliant une multitude d’entreprises entre elles. Un exemple parmi d’autres des étonnantes « cartographies » de données que propose Linkurious.

« Nous proposons une interface intuitive qui permet une prise en main aisée par des professionnels de domaines très différents », souligne Sébastien Heymann, co-fondateur de Linkurious. Diplômé de l’UTC en informatique, filière ingénierie des connaissances et systèmes d’information avec mention en philosophie des technologies cognitives, l’entrepreneur n’en est pas à son premier logiciel de visualisation de graphes. Etudiant, il monte un groupe projet avec l’enseignant-chercheur Franck Ghitalla du laboratoire Costech et d’autres élèves-ingénieurs le projet associatif Gephi, un outil de visualisation des graphes gratuit dédié à la recherche notamment dans les sciences humaines.

« Ce projet nous a permis de faire nos premières armes dans le développement d’un projet à vocation internationale. Ce sont des choses que l’on n’apprend pas au cours de notre scolarité. Par contre, nous avons reçu notre premier prix d’innovation avec le Prix Ingénieur de l’année de L'Usine Nouvelle. En informatique les moyens financiers ne sont pas essentiels pour se lancer, il faut avant tout savoir s’organiser et trouver des partenaires », se souvient l’informaticien. De belles collaborations sont alors tissées avec RTGI, le CNRS et l’Université Pierre et Marie Curie.

Gephi totalise à ce jour 1,5 millions de téléchargements ! Basée sur un travail bénévole et open source, la structure n’est, cependant, pas adaptée à un développement commercial. En 2013, Sébastien Heymann décide de créer la start-up Linkurious pour proposer une solution de visualisation de graphes adaptée aux entreprises. Le trentenaire repart de zéro : « Les usages en entreprise sont très différents du milieu académique, et les technologies Web sont devenues la norme. » explique-t-il.

 

Faciliter l’analyse de données

Linkurious fonctionne un peu comme un moteur de recherche visuel. À partir d’un mot-clé, on peut afficher un réseau de points et de traits matérialisant les relations de cette entité avec d’autres données. Le principe est d’explorer les données localement en fonction des connaissances et des pistes de l’analyste. Des outils de navigation et de manipulation facilitent l’accès aux différents niveaux d’information pour gagner en vitesse d’analyse. Autrefois réservées aux services de renseignements ou à la recherche scientifique, ces innovations sont désormais accessibles à un large public professionnel.

Les groupes bancaires, informatiques et les institutions sont les cibles prioritaires en tant que clients. Déterminer les liens éloignés d’une entreprise offshore avec des personnalités, examiner les relations cachées de comptes bancaires avec des réseaux criminels, déterminer les répercussions d’une panne sur un réseau informatique, les besoins sont nombreux. Cette technologie a récemment permis aux 370 journalistes du Consortium international de journalisme (ICIJ) d’établir des liens entre les comptes offshore des « Panama papers » et des personnalités.

Les banques et le ministère des Finances utilisent déjà Linkurious pour détecter d’éventuels blanchiments d’argent et fraudes. Face à ce succès, la jeune entreprise autofinancée souhaite lancer prochainement une levée de fonds pour accélérer son développement. 


linkurio.us/