Dossier

24 : 40 ans de métier, l'expérience de l'innovation

24 : 40 ans de métier, l'expérience de l'innovation

Un appétit pour l’international

Avant de rejoindre le secteur automobile, qui l’attire depuis toujours, Christian Béhague fait un passage de dix ans par l’aéronautique, chez Aérospatiale – devenue EADS.
Avec sa formation initiale, il y développe l’assurance qualité des fournisseurs, puis met en place une première base de données dédiée sur PC. «  Le premier micro-ordinateur que nous avons eu détenait 512 ko de mémoire vive ! Ce système est rapidement devenu insuffisant pour répondre aux attentes des différentes branches de l’entreprise, qui souhaitaient toutes avoir leurs propres données  », se souvient-il. « Nous avions abordé l’informatique à l’UTC, et je sentais tout l’intérêt de maîtriser ce domaine. »

« J’étais devenu informaticien ! »

Christian Béhague devient responsable de la mise en place d’une application informatique « centrale » commune aux directions Qualité Fournisseurs et Achats. « Pour eux, j’étais devenu informaticien ! » À l’heure du programme Airbus, les constructeurs européens auditaient les mêmes fournisseurs du continent.
Pourquoi ne pas mutualiser ces données ? Christian Béhague est donc impliqué dans la mise en place d’un système de partage bien avant Internet, reposant sur l’envoi de disquettes. Le système est freiné par la complexité des échanges.
À la fin des années 1990, il a l’opportunité de rejoindre l’automobile, au département informatique de PSA pour concevoir des applications dédiées à la qualité, dont le système centralisé de détection et correction des défauts. Après avoir décliné une mission en Chine – « c’eût été trop compliqué avec mes trois enfants  » –, il passe à l’organisation centrale pour des missions dans le domaine de la qualité en conception, notamment le système de contrôle des projets.
Ce qui l’amène, en 2000, à changer de nouveau de métier : on lui confie la rédaction des schémas de développement, soit les plannings d’activités et les points de passage des projets automobiles de nouveaux modèles ou dérivés (Citroën C5, Peugeot 407, 508…).

Au service des projets en Amérique latine puis en Chine

L’envie de partir pour l’étranger, toujours présente depuis l’UTC, se concrétise enfin. En 2007, il gagne São Paulo, où il organise la « vie série » de la Peugeot 206, entre Brésil et Argentine, et termine le lancement de la 207 SW à l’usine de Resende (État de Rio). Rentré en France, il repart en 2010 pour une mission en Chine, où il prépare le chemin afin d’implanter la plateforme 1 (petits véhicules).
« Nous avons défini le planning projet de cette plateforme pour l’usine de Wuhan, capitale de la province du Hubei. La première voiture de cette plateforme sort d’ici à la fin de l’année.  » Entretemps, PSA a créé un deuxième joint-venture à Shenzhen qui produira la ligne DS et dont Christian Béhague a vérifié les plannings Projet et Usine. « La première voiture vient d’y être produite !  » PSA vient d’atteindre 4 % en part de marché dans l’Empire du Milieu, toujours en croissance. « Nous sommes encore un Petit Poucet, mais il faut continuer sur cette lancée. PSA a donc implanté un bureau d’études et de style à Shanghai pour adapter in situ les voitures aux goûts locaux et mieux répondre à la demande  », se félicite celui qui vit désormais à Shanghai et se débrouille en chinois.
PSA Shanghai compte 800 personnes, dont 60 Français, on y travaille en anglais. « Outre les 6 ou 7 heures de décalage horaire qui perturbent les échanges avec le siège en France, ce n’est pas toujours simple de travailler avec les Chinois, même s’ils sont en général très sympas. La différence culturelle avec un autre rapport au temps, la prise d’initiative limitée, un fort turnover dans un marché du travail effervescent ne facilitent pas la tâche, mais elle reste passionnante !  », conclut-il.