L’UTC : une clé pour l’adaptation

Si s’adapter est le propre des systèmes vivants, ce n’est pas inné et cela s’apprend. Rejoignant l’UTC à ses débuts, un diplôme pas encore reconnu, Luc Alba reconnait que les conditions acrobatiques comparées aux moyens d’aujourd’hui ont renforcé la confiance de ses camarades et lui ont permis de s’adapter à la variété des situations d’une vie.

L’UTC : une clé pour l’adaptation

L’UTC : une clé pour l’adaptation

 

Curieux et ouvert, sûrement pas dogmatique mais non moins réfléchi, seraient bien des qualificatifs susceptibles d’exprimer ce que l’on ressent en présence de Luc Alba. Si cet ancien patron du département Ingénierie logicielle chez Sagem Mobile (2006) ou ex-directeur d’Ulysseo, un éditeur spécialisé en contenu et technologies pour la téléphonie mobile (2003), fustige les nouvelles addictions d’aujourd’hui aux réseaux sociaux et autres, ce n’est bien sûr pas pour rejeter la technologie en elle-même, mais l’usage que certains en font et la perte de tout sens critique. En effet, impossible pour lui de rejeter des outils qu’il a contribué à développer durant de nombreuses années.

 

Voyages et traitement du signal

Ce ne sont cependant pas les gadgets technologiques qui motivent son premier emploi. « Après mon diplôme d’ingénieur j’ai eu envie de couper avec l’UTC et de partir travailler à l’étranger ». Pour satisfaire ce souhait, rien de tel qu’un poste dans l’exploration pétrolière pour la Compagnie Générale de Géophysique. De l’Arctique en Californie, en passant par le Brésil, le Congo ou l’Espagne, il participe à des missions visant à localiser les structures géologiques prometteuses : « 90% des forages ne donnent aucune suite et le coût de ces échographies du sous-sol est dix fois moins cher que celui d’un forage » explique Luc Alba.

 

Un engouement pour le génie logiciel

Après quelques années de cette vie de prospecteur, priorité à la sédentarisation avec un nouveau métier : développeur de logiciels pour la même société. « Apprendre à développer des logiciels n’a pas constitué une difficulté » explique Luc Alba, conscient de l’apport des gènes d’adaptabilité UTC. Cette activité lui révèle le fil rouge de sa carrière : le conseil en génie logiciel, et plus particulièrement l’architecture, clé des solutions logicielles modulaires, pour leur réel avantage compétitif. « Nous nous sommes rendus compte que de nombreuses fonctionnalités des logiciels pouvaient être réutilisées, et qu’il était avantageux de penser les systèmes cibles dès le début du cycle de conception » souligne Luc Alba évoquant l’image des Legos®. Il évolue alors pour s’intéresser aux processus de développement montant deux start up avec des clients grands groupes. Il passera par l’aventure de la téléphonie mobile et des premières smart apps chez SAGEM pour être aujourd’hui responsable du déploiement d’outils métier logiciel chez SAFRAN.

 

Trop de normes tue l’initiative

Aujourd’hui, à 60 ans, comme facilitateur pour le développement et le déploiement des logiciels pour les systèmes aéronautiques, Luc Alba compose avec un nouveau challenge, l’inflation normative et la dérive réglementaire et juridique qu’elle soit publique ou moins connue car interne aux entreprises. « La sécurité est importante dans ce secteur : toute modification ou évolution d’un système nécessite de démontrer comment les risques restent sous contrôle. Le résultat, une accidentologie du transport aérien 20 fois plus faible que la voiture » souligne-t-il. S’il reconnaît l’importance des normes, il estime néanmoins que leur prolifération pèse sur la performance des entreprises : d’une part par l’enchevêtrement des processus – au bout d’un moment, les gens sont perdus- d’autre part par le temps passé à justifier, l’ingénieur se transformant en avocat, moins focalisé à résoudre les problèmes. En marge de son parcours, Luc Alba reste fidèle à l’UTC, animant l’ADAUC (devenue Tremplin UTC) en 1998 pour professionnaliser l’association avec des permanents, un partenariat pérenne avec l’UTC, une véritable offre de service construite sur une base de données fiable en témoignent les entrepreneurs UTCéens du Business Club. Aujourd’hui l’UTC ce sont aussi 26 000 diplômés présents dans le monde entier. Il reste aussi très sensible à la diffusion de la culture technologique avec le prix Roberval qui récompense tous les ans des œuvres en français ouvrant une meilleure compréhension de la technologie.