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Les trois piliers d’un écosystème pour l’innovation

Quels sont les ingrédients qui rendent un territoire innovant ? La présence d’un pôle de recherche et de développement semble nécessaire. Mais pour stimuler ce dernier, le programme Centrality of Territories propose de s’intéresser aux deux autres piliers indispensables aux développement d’un écosystème de l’innovation : le contexte du territoire et de l’agglomération et la présence d’un aéroport ouvert aux compagnies à bas prix.

Les trois piliers d’un écosystème pour l’innovation

Qu'ont en commun les villes de Bergame, Cambridge, Charleroi, Gérone, Lübeck, Santander ou Compiègne ? Ces agglomérations de taille moyenne pourraient bien partager un ensemble de critères quand à leur rapport avec l'innovation. " Cinq critères principaux ont été retenus comme significatifs pour étudier l'écosystème dans lequel se développe l'innovation " souligne Thierry Gidel, enseignant chercheur à l'UTC et impliqué dans le programme Centrality of Territories qui regroupe différents acteurs issus de ces sept villes. Les similitudes qu'elles présentent sont une taille de moins d'un demi millions d'habitants, la proximité avec une grande métropole, l'existence d'un pôle universitaire, la présence d'un centre historique attractif et celle d'un aéroport international utilisé par des compagnies à bas prix. L'objectif de Centrality of Territories consiste à analyser les différentes composantes de ces territoires et les interactions qui favorisent le développement de leurs écosystèmes d'innovation.

Attirer et retenir les chercheurs et ingénieurs

Alors que la composante " innovation " est particulièrement soulignée par Thierry Gidel et ses collègues, Michaël Vicente et Véronique Missérie tous deux chercheurs à l'UTC impliqués dans Centrality of Territories, d'autres acteurs insistent sur l'importance du tourisme ou les aspects " ville intelligente ". Pour Thierry Gidel, " ces différents points de vue sont liés car une ville ne peut développer une capacité d'innovation que si elle se montre attractive pour attirer et retenir les créateurs, les ingénieurs et les chercheurs moteurs de toute innovation ". Il est alors important de proposer un cadre de vie culturellement attractif et d'assurer la possibilité de déplacements internationaux fréquents et relativement bon marché. Les trois éléments à considérer sont donc le contexte de l'agglomération, les infrastructures de transport et les pôles de recherche et d'innovation.

Une pluralité d'acteurs...

De ce constat découle la nécessité d'impliquer l'ensemble des acteurs concernés par ces différentes composantes de l'écosystème urbain. Cette diversité d'acteurs est apparue lors de la dernière conférence organisée à l'initiative de l'Université de Bergame et qui s'est tenue les 24 et 25 septembre 2015 à Bergame en réunissant plus de 150 personnes. Outre la présence des représentants de la compagnie aérienne Ryanair, du maire de la ville, du directeur adjoint de l'aéroport de Beauvais, du Président de l'UTC Alain Storck, s'y trouvaient aussi de nombreux spécialistes de l'économie urbaine, du tourisme, de l'aménagement du territoire, des chercheurs et ingénieurs de différentes disciplines, ainsi que plusieurs élus. L'ensemble des participants ont partagé leurs expériences afin d'étudier comment s'appuyer sur la créativité, la mobilité et l'organisation du territoire afin de structurer un réseau de territoires à l'échelle européenne. " L'objectif est de comprendre le rôle de ces trois composantes à l'échelle locale, à celle de la ville et du territoire, puis à celle d'un réseau de territoires " précise Thierry Gidel.

... et autant de projets

Les travaux réalisés par Thierry Gidel et ses collègues se focalisent sur le rôle d'une université de technologie comme acteur clé du développement d'un écosystème local d'innovation. Ils montrent comment les territoires évoluent en fonction de ces différentes dimensions. Les facteurs identifiés concernent la formation des ingénieurs, les infrastructures, l'attractivité de la ville et la proximité d'une grande métropole, mais aussi la capacité à utiliser une agglomération de taille moyenne afin de servir de laboratoire d'expérimentations. Le programme Centrality of Territories devrait finalement donner lieu à différents projets de recherche menés sur chaque territoire. Afin d'homogénéiser les travaux réalisés localement par une pluralité d'acteurs, il est prévu d'organiser des workshops afin d'examiner comment structurer ces projets et de définir une méthodologie de travail. En effet, harmoniser les observations réalisées et la façon dont les données sont analysées est indispensable pour comparer ensuite les résultats des différents projets.