Dossier

40 : Comment grandir en restant soi-même ?

L’UTC, membre fondateur de Sorbonne Universités, ouvre son écosystème local d’innovation, territoire d’expérimentation ou open living lab à ses partenaires. L’UTC est une université expérimentale qui après la quarantaine, essaime encore son modèle à l’international après l’avoir fait en France. Elle essaime autour de 2 concepts forts comme la recherche technologique qui sera dorénavant avec l’UTT boosté en matière de R&D sur les systèmes complexes déjà développés à Shanghai. Elle essaime aussi la pédagogie souple qui favorise l’apprentissage et reste proche de l’entreprise via les stages longs et les ateliers projets. Ils sont maintenant élargis à l’international comme maintenant au Brésil.

40 : Comment grandir en restant soi-même ?

Un développement international du modèle, cap sur le Mexique

« Plus que jamais, l’éducation et la mobilité universitaire font l’objet d’une compétition entre nations. La France est un des grands acteurs de cette compétition mondiale, et l’image de nos universités est excellente au Mexique, aussi bien pour les humanités que pour les sciences exactes et la technologie.

Cette position privilégiée qui est la nôtre est bien sûr d’abord due à l’excellence des formations offertes par nos universités. Mais, face à la vive concurrence que ce "marché" des formations supérieures connaît aujourd’hui, et de la part de concurrents chaque fois plus nombreux, il est, en effet, particulièrement nécessaire que nos universités organisent et proposent aux publics étrangers des filières de formation chaque fois plus innovantes et ouvertes aux échanges internationaux. Il s’agit bien pour elles de donner une dimension clairement internationale à leurs cursus, d’abord pour leurs étudiants français, mais aussi d’intéresser les étudiants des grands pays étrangers, en proposant des formations ouvertes sur place, comme le fait l’UTC à Shanghai... et très prochainement à México», Maryse Bossière, ambassadrice de France au Mexique.

L’UTC, un positionnement atypique très apprécié à l’international

Former des étudiants capables d’innover, c’est l’une des missions premières de l’UTC qui met son expérience et son savoir-faire d’excellence en matière de formation technologique au service de ses étudiants, à travers un enseignement interdisciplinaire comme les biotechnologies, les systèmes des systèmes, mais aussi le social, l'organisationnel, les usages…

Car l’ingénieur de demain doit aussi être en mesure de prendre en compte des préoccupations exprimées par la société, au delà de ses connaissances scientifiques : il ou elle devront intégrer les dimensions humaine et sociétale de chaque projet d’innovation. L’ingénieur du 21e siècle dirige l’équipe autour du projet. Il est un chef d’orchestre. Le simple volet scientifique ou technologique ne suffit plus à l’ère du tout numérique. La technologie est partout et principalement dans le quotidien des usagers, que ce soit dans les domaines des transports, de la mobilité, des systèmes urbains, de l’informatique, de l’écologie, etc.

Et l’Université de Technologie de Compiègne l’a bien compris : son approche pluridisciplinaire en fait une école d’exception, en France mais aussi à l’International où de nombreux Français participent à la construction ou au développement scientifique et technique des pays qui s’imposent dans la mondialisation en essaimant dans les pays étrangers pour créer des plateformes internationales numériques.

Ce positionnement qui associe assidûment l’Homme et la technologie, l’UTC le cultive en Chine (Université de Shanghai) où elle est implantée depuis plus de 10 ans, mais aussi au Chili et au Mexique tandis que la coopération avec les universités de technologie du Maroc et du Brésil continue de se renforcer.

Ouverture d’une nouvelle plateforme au Mexique

Fort de son succès, l’UTC continue de développer sa présence à l’international avec la création d’une plateforme au Mexique. Dès la rentrée prochaine, le programme Tronc Commun de l’UTC sera proposé au sein du Lycée franco-mexicain de Mexico, deuxième lycée français au monde.  Une quarantaine d’élèves mexicains ou français issus des lycées français du Mexique et d’Amérique Centrale intègreront cet enseignement post-bac. A l’instar de celles de Shanghai et du Chili, la plateforme mexicaine s’articulera autour de trois objectifs : l’enseignement, la recherche et le partenariat avec les milieux économiques. 

Le Mexique est « en passe de devenir un des principaux ateliers du monde »

Car bénéficier d’une formation à l’étranger permet aux jeunes ingénieurs « d’être capables de s’adapter à des environnements hétérogènes et multiculturels et qui répondent aux besoins des entreprises françaises installées à l’étranger », souligne Olivier Schoefs, le directeur chargé des relations internationales à l’UTC. Pourquoi le Mexique? Ce n’est pas un hasard…

D’abord, le pays « est en passe de devenir un des principaux ateliers du monde dans le secteur de l’automobile et de l’aéronautique », explique-t-il. Le Mexique, premier producteur automobile d’Amérique latine, bénéficie d’une forte croissance (+2,5% en 2015). Il est aussi lié aux Etats-Unis par l’Accord de libre échange nord-américain : une véritable porte d’entrée sur tout le continent. A cela, s’ajoute une présence française significative dans les secteurs des technologies de pointe comme l’énergie et l’agroalimentaire.

Pour Alfred Rodriguez, président de la chambre de commerce franco-mexicaine, l’ouverture de cette nouvelle plateforme est « stratégiquement une excellente opportunité pour ce pays où les besoins en ingénieurs généralistes comme ceux formés par l’UTC sont énormes, pour ses industries qui recherchent la même qualité d’ingénieurs français, mais également pour l’UTC qui verra augmenter sa présence sur le marché le plus important d’Amérique latine ».

En plus de répondre à une forte demande de professionnels de l’ingénierie, l’UTC va plus loin dans sa démarche. Sa force, en marge de son enseignement, c’est bel et bien sa capacité à répondre aux besoins des entreprises françaises à l’étranger, à former des ingénieurs agiles, capables de s’adapter à des environnements complexes et hétérogènes. « Le développement de la politique de l’UTC est d’ailleurs centré sur la problématique de l’inter culturalité, car au delà des compétences scientifiques et techniques, l’ingénieur de demain doit développer des compétences d’adaptabilité culturelle, non seulement dans le registre du savoir-faire, mais aussi, et peut-être surtout, dans celui du savoir être », rappelle Olivier Schoefs.

Au Mexique, les différents acteurs de l’écosystème local sont déjà séduits par cette nouvelle coopération. Des multinationales implantées au Mexique comme Saint-Gobain, Safran, Thales ou encore Alstom sont, par exemple, très demandeuses de profils biculturels et apprécient aussi de trouver dans les professionnels travaillant à l’étranger des « soft skills », des ingénieurs aux compétences de management d’équipe, de gestion de projet.

Face à ce défi, les partenariats et les coopérations s’intensifient sur place

Consciente des intérêts communs partagés d’un coté par les entreprises et, de l’autre, par les jeunes diplômés, l’Ambassade de France au Mexique souhaite, à terme, regrouper à Mexico toutes les initiatives au sein d’un grand pôle technologique français. Pour Alain Storck, l’arrivée de l’UTC constitue « la première brique de ce futur grand pôle » et entre « dans une stratégie qui va beaucoup plus loin qu’un simple échange d’étudiants ».

L’UTC va pouvoir s’appuyer sur de solides partenariats. Olivier Schoefs rappelle les liens étroits entre « l’UTC, l'UNAM (Université nationale autonome du Mexique) et le centre de recherche de l’Institut polytechnique national de Mexico », la plus grosse école d’ingénieurs du pays, « avec qui nous collaborons depuis plus de 10 ans dans le domaine de la recherche sur les véhicules autonomes ». Et d’ajouter que « plusieurs enseignants-chercheurs de l’UTC participent déjà sur place à des projets de recherche de l’Institut polytechnique et de l’Université nationale autonome de Mexico, partenaire stratégique de Sorbonne Universités ».

De surcroît, l’UTC et le centre de recherche de l’Institut Polytechnique mexicain travaillent actuellement « au développement d’un Master conjoint dans le domaine des véhicules tractés électriquement ». Ce projet permet d'intensifier les projets de recherche avec les partenaires de Sorbonne Universités.

Et… ce n’est pas tout !

 Bientôt, les étudiants auront peut-être encore plus l’embarras du choix ! L’UTC explore en effet d’autres régions comme le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est, les USA/Canada et l’Afrique Sub-saharienne. Avec méthode et avec détermination, l’UTC poursuit sa croissance dans les territoires du 21e siècle.