Dossier

40 : Comment grandir en restant soi-même ?

L’UTC, membre fondateur de Sorbonne Universités, ouvre son écosystème local d’innovation, territoire d’expérimentation ou open living lab à ses partenaires. L’UTC est une université expérimentale qui après la quarantaine, essaime encore son modèle à l’international après l’avoir fait en France. Elle essaime autour de 2 concepts forts comme la recherche technologique qui sera dorénavant avec l’UTT boosté en matière de R&D sur les systèmes complexes déjà développés à Shanghai. Elle essaime aussi la pédagogie souple qui favorise l’apprentissage et reste proche de l’entreprise via les stages longs et les ateliers projets. Ils sont maintenant élargis à l’international comme maintenant au Brésil.

40 : Comment grandir en restant soi-même ?

« L’avenir est à l’open lab »

Questions à Saadi Lahlou, professeur au département de psychologie sociale de la London School of Economics et membre du conseil scientifique de l’UTC.

Quel regard portez-vous sur la politique de l’UTC en matière d’innovation ?

Ce qui me frappe, c’est la forte transdisciplinarité des projets de l’UTC. Avec la spécialisation croissante des sciences, il devient difficile d’intégrer les différents aspects d’un problème lors de la conception d’un nouveau dispositif technique et, souvent, l’épreuve de réalité du produit se fait en aval, lors de sa mise sur le marché. C’est pourquoi beaucoup d’innovations échouent ou nécessitent des adaptations coûteuses pour mieux répondre aux besoins.

L’UTC s’est attaquée à ce problème de fond. Tout en creusant leur propre discipline en profondeur, ses chercheurs n’ont pas peur de se confronter à d’autres disciplines ni au réel. Ils n’ont pas peur non plus de mélanger questions techniques et questions philosophiques. Et ils ont raison : dans les biotechnologies ou dans le domaine des énergies, par exemple, les aspects éthiques sont fondamentaux.

Quel est pour vous l’intérêt des living labs ?

C’est justement un moyen d’aller vers plus d’interdisciplinarité pour intégrer dès l’amont les contraintes réelles d’utilisation d’un système en termes d’usages, d’éthique, de coûts… Prendre en compte toutes ces contraintes pose problème quand il s’agit de modéliser le système, car la quantité de variables à intégrer devient vite ingérable. Souvent, plutôt que de chercher à modéliser toutes les situations possibles, mieux vaut tester une ébauche du produit avec des utilisateurs, dans des conditions proches de la réalité, et procéder par erreur et tâtonnements pour l’adapter peu à peu.

C’est ainsi que, progressivement, on en est arrivé au living lab. Dans un premier temps, il s’agissait d’introduire la réalité dans les laboratoires de l’université ou de l’entreprise en y faisant venir des utilisateurs. Mais, aujourd’hui, l’avenir est plutôt à l’open lab : le chercheur sort de son laboratoire pour tester les innovations dans le monde réel, ce qui est encore plus efficace. C’est ce vers quoi s’oriente l’UTC lorsqu’elle entend faire de son territoire un living lab.