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Spécial : Ces thèses qui changent la vie

Les docteurs sont aujourd’hui reconnus pour apporter à l’entreprise des compétences d’innovation certaines. L’ UTC a choisi de présenter en format textes, vidéos et photos humoristiques des thèses qui ont donné des applications très bénéfiques à notre vie quotidienne. Entreprises, que ces thèses vous inspirent pour donner votre confiance aux docteurs comme les recruteurs le font partout dans le monde !

Spécial : Ces thèses qui changent la vie

Étude de la propagation de l'activité électrique utérine dans une optique clinique : prédiction de menaces d'accouchement prématuré

Aujourd’hui encore, le déclenchement de l’accouchement reste un mystère. Or, quand les contactions de travail démarrent trop tôt dans la grossesse, la vie du bébé est en danger. «Actuellement 6 à 7 % des naissances ont lieu avant la 37ème semaine », déplore Mahmoud Hassan. La prématurité est la cause principale de mortalité et de morbidité des nouveaux nés.

Pour essayer de détecter les signaux annonciateurs de l’accouchement, ce jeune ingénieur en bio médical, venu du Liban en 2007 dans le département BMBI du professeur Catherine Marqué, a choisi d’utiliser des méthodes de traitement du signal pour observer les contractions du muscle utérin. « Les appareils classiques de monitoring enregistrent le signal mécanique de la contraction. Avec le professeur Marqué, nous avons travaillé sur les signaux électriques émis par le muscle utérin ». Mieux, le dispositif classique de l’EMG (Electromyogramme) a été repensé pour donner plus d’information.

« A la place d’un ou deux capteurs, nous avons conçu une matrice de 16 électrodes d’environ 10 cm de côté. Grâce à cette surface sensible, posée sur l’abdomen de la femme enceinte, nous pouvons analyser la vitesse de propagation de la contraction ».

Une première étude a été lancée en partenariat avec l’hôpital de Reykjavik en Islande et avec le CHU d’Amiens. Une cinquantaine de femmes ont accepté de se soumettre à partir de leur 30ème semaine de grossesse à des séances d’enregistrement d’environ 1 heure. « Notre objectif est de réussir à distinguer les contractions normales des contractions de travail qui expulsent l’enfant de l’utérus ».

Des premiers résultats encourageants ont été enregistrés : « les contractions de grossesse sont plus longues et moins fréquentes » Le jour où les distinctions seront probantes, les femmes ayant des grossesses réellement à risques pourront être mieux suivies voire mises sous traitement pour stopper les contractions de travail.

« Pour en arriver là, il nous faut une base de données plus large d’au moins 200 femmes : cent ayant une grossesse à risque et cent n’ayant pas de problèmes apparents ». Mahmoud Hassan coordonne actuellement une enquête européenne avec la Slovénie, les Pays Bas et le Liban. « D’ici 4 ans, nous devrions avoir une base de données suffisantes pour tirer des conclusions » espère-t-il en soulignant que cette technique de matrice d’électrodes multi canaux pourra aussi être utilisée dans l’étude de l’épilepsie ou les pathologies cardiaques.