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Révolution en douceur à l’École doctorale

« Depuis 1985, l’École doctorale de l’UTC a réalisé des évolutions importantes qu’elle doit poursuivre pour être au niveau des meilleurs standards internationaux », explique Olivier Gapenne, qui dirige l’École doctorale depuis janvier 2012. Une petite révolution est en cours pour concilier excellence scientifique, crédibilité professionnelle et bien-être collectif.

Révolution en douceur à l’École doctorale

" Le mot d'ordre pour les années à venir est qualité ", introduit Olivier Gapenne. Charité bien ordonnée commence par soi-même : l'équipe de l'École doctorale s'est soumise à un exercice interne d'adaptation et d'ouverture (plan de formation, réflexion, redistribution des rôles, etc.) pour atteindre ces objectifs ambitieux.

" Nous devons gagner en attractivité, tant pour les candidats issus des meilleurs campus nationaux et internationaux que pour nos excellents élèves ingénieurs et masters ", souligne le directeur. Pour l'instant, seuls un peu plus de 2 % des 700 diplômés UTC par an choisissent ensuite la voie doctorale à l'UTC, et autant à l'extérieur.

Dépoussiérer l'image du doctorant

" Nous devons faire évoluer cette situation. Ce serait fantastique et important d'atteindre 7 à 10 %. Au MIT, cette part s'élève à 20 %, compare Olivier Gapenne. Ce chiffre est pris en compte dans les benchmarks internationaux, qui montrent que les structures les plus performantes ont un ratio supérieur à 15 %. " Comment donner envie ? L'École doctorale a mis en place une série de mesures pour susciter l'intérêt, pour sensibiliser aux missions des docteurs au sein de l'entreprise et des établissements publiques d'enseignement supérieur et de recherche.

L'objectif est aussi de créer une dynamique de groupe au sein de la communauté des doctorants. Cela passe par des événements comme le Forum des doctorants ou les Nocturnes de la recherche, qui permettent d'échanger et de délivrer une information claire et concrète sur les bénéfices de la thèse. " Nous continuerons à être inventifs pour séduire davantage. Autre bonne nouvelle, le réseau des étudiants doctorants et post-docs, RED2, est de nouveau très actif. "

RED2 reprend du service

Tifenn Rault, président de RED2, confirme : " Après deux années de battement, la nouvelle promotion de doctorants a décidé de donner un nouveau souffle à cette association, que nous avons structurée en trois pôles : réseau et avenir professionnel ; événementiel ; médiation scientifique. Le premier pôle s'attache à préparer les doctorants au monde de l'entreprise. Nous avons par exemple organisé Les Doc'matinales en janvier, et préparons une nouvelle édition pour la rentrée en partenariat avec le Parc technologique des rives de l'Oise. Il s'agit d'inscrire les doctorants dans l'écosystème local d'innovations. Le pôle événementiel se charge d'animer la vie en dehors de la thèse et le pôle médiation scientifique propose aux doctorants de partager leurs connaissances avec d'autres, lors d'événements comme la Fête de la science. "

Préparer les doctorants à la réalité professionnelle

L'École doctorale et l'association RED2 œuvrent aussi au rapprochement des docteurs et du monde de l'entreprise. Ce chantier a une résonance nationale. " Contrairement aux pays anglo-saxons, à l'Allemagne, au Japon, où les PhD sont recrutés pour les postes à responsabilité, les entreprises hexagonales qui embauchent un docteur demeurent peu nombreuses. Ce diplôme souffre de la concurrence avec celui d'ingénieur et reste peu reconnu par les entreprises, surtout par les PME-PMI pour lesquelles embaucher un docteur représente un investissement lourd et un risque important. Du côté des docteurs, le monde de l'entreprise reste souvent mal connu. De gros efforts sont réalisés ces dernières années pour créer une confiance réciproque ", souligne Olivier Gapenne.

Les initiatives fleurissent à l'UTC (Les Doctoriales, les Journées des métiers de la recherche, les Doc' matinales, etc.), et dans les réseaux partenaires (ABG, PRES Sorbonne Universités, réseau des UT, UPJV, ECIU, etc.). Plus largement, Olivier Gapenne souhaite inscrire l'ensemble de la formation doctorale dans une culture moins scolaire et plus professionnelle - depuis le système d'évaluation jusqu'aux relations entre les doctorants et leur superviseur, en passant par une dimension RH lors des entretiens de candidature. " La première commission a eu lieu récemment, et tout s'est très bien passé, se félicite-t-il. L'objectif est de recruter des doctorants sur la base de critères plus larges que la seule excellence scientifique. Ils doivent aussi répondre à certaines exigences en matière d'ouverture sur le monde, de prise avec la réalité. À terme, cela pourrait devenir un facteur décisif. N'oublions pas qu'en France, sur les 10 000 à 12 000 personnes qui soutiennent leur thèse chaque année, seule la moitié est recrutée pour une mission de recherche. La responsabilité de l'École doctorale est de préparer les docteurs à cette réalité professionnelle. Nous avons donc aussi reconfiguré notre maquette de formation en ce sens, pour une mise en place à la rentrée prochaine. "

Cette nouvelle maquette propose la réalisation d'un " kit de promotion professionnelle " et l'élaboration d'un travail réflexif sur le contenu scientifique et la pratique de la recherche. Ces éléments nouveaux devront être validés tout au long des trois années de thèse. " Nous devrions récolter les fruits de nos efforts d'ici deux à trois ans. "