Chronique

AIP-Priméca : dessiner l’usine du futur

Quel visage aura l’usine de demain ? Benoît Eynard, directeur Innovation et Partenariats de l’UTC, préside le réseau AIP-Priméca pour quatre ans et compte inscrire son mandat dans la réflexion sur l’« Usine du futur », lancée par le ministère du Redressement productif.

AIP-Priméca : dessiner l’usine du futur

De l’IUT au doctorat, le réseau AIP-Priméca fédère 80 établissements d’enseignement supérieur et centres de recherche dans toute la France. L’UTC fut l’un des membres fondateurs de ce réseau dont l’objectif est d’appuyer les formations en mécanique et en productique au sein de ces établissements. Les sujets traités couvrent tout le spectre de la durée de vie d’un produit, depuis la conception intégrée jusqu’au recyclage, en passant par la robotique et la mécatronique. « Il s’agit de préparer les ingénieurs et les technologies pour accompagner la transformation numérique du tissu industriel », résume Benoît Eynard. Des industriels appartiennent au conseil d’administration du réseau, dont Dassault Systèmes et Airbus Group. « En améliorant la formation des ingénieurs et en facilitant la recherche pour les PME qui appartiennent à notre réseau de sous-traitants, AIP-Priméca représente un écosystème universitaire très intéressant », souligne Bernard Boime, responsable des programmes chez Airbus Group Innovations.

Mutualiser les savoirs en France

Exemple : grâce à AIP-Priméca, les contenus des cours intègrent plus rapidement les nouvelles versions des logiciels, comme l’explique Xavier Fouger, directeur des programmes académiques de 3DS (Dassault Systèmes). « Avant d’adopter une nouvelle version d’un logiciel, les établissements ont besoin d’en comprendre les impacts. Nous sommes passés par AIP-Priméca pour tester notre nouvelle plateforme 3D de gestion du cycle de vie des produits, baptisée PLM-V6. La mutualisation des travaux d’évaluation fut très efficace, pour le réseau comme pour 3DS. » Aujourd’hui, PLM-V6 est un instrument essentiel pour les ingénieurs de nombreux secteurs (automobile, aéronautique, etc.). « Sa maîtrise est un facteur d’employabilité important dans le monde entier », assure Xavier Fouger. D’où l’importance de former les ingénieurs aux dernières versions. « L’UTC, toujours un peu en avance, commençait à former à PLM-V6 avant qu’AIP-Priméca ne s’en empare », souligne Xavier Fouger.

Une représentation internationale

AIP-Priméca compte sur 9 pôles régionaux. L’UTC appartient au pôle Île-de-France, au même titre que l’ENS Cachan, les Arts et Métiers ParisTech, Centrale Paris, etc. Cette mise en réseau apporte une crédibilité internationale bénéfique à l’ensemble des établissements. « 3DS pilote le programme PLMCC, pour Product Lifecycle Management Competency Center, en lien avec les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. L’objectif est d’ouvrir des centres de formation dédiés à l’étude de nos logiciels dans les pays prioritaires pour ces ministères. Pour discuter avec notre partenaire chinois, nous avons envoyé un enseignant AIP-Priméca, réseau qui représente un nombre d’étudiants équivalent à celui de l’université Tsinghua de Pékin », détaille Xavier Fouger, qui travaille avec deux diplômés de l’UTC. « Les étudiants issus des écoles du réseau AIP-Priméca présentent souvent de bons profils, assure-t-il. D’ailleurs, nous proposerons prochainement une nouveauté pédagogique à AIP-Priméca, qui nous permet de valoriser la France sans déroger à l’égalité de traitement entre les pays prévalant dans une multinationale. »

Vers l’interopérabilité des outils numériques ?

AIP-Priméca est également un support de recherche. « Le réseau travaille sur la continuité des outils numériques, devenus essentiels dans tous les process industriels, toutes les étapes du cycle de vie des produits. Maîtriser ces outils est un gage de compétitivité. Comment assurer leur interopérabilité ? La mise en place d’interfaces standardisées est devenue un véritable enjeu industriel et financier, partagé par beaucoup de secteurs d’activités. Nous travaillons sur ce sujet dans le cadre de projets de recherche avec les écoles du pôle Île-de-France », détaille Bernard Boime, qui ajoute : « Il y aura du travail pour les ingénieurs et techniciens dans ce domaine, tant chez les industriels que chez les éditeurs de logiciels. » Dans le cadre de la thématique de l’usine du futur, AIP-Priméca travaille également sur l’éco-conception et la réalité virtuelle. « Nous accompagnons la thématique du renouveau industriel auprès de l’ANR au niveau national, et de l’EFFRA au niveau européen, souligne Benoît Eynard. Nous valorisons les productions à haute valeur ajoutée et de grande technicité et développons des usines-écoles afin de montrer aux jeunes ingénieurs toute l’attractivité de l’usine de demain. Par exemple, AIP-Priméca a contribué à hauteur de 50 % au financement de l’équipement de réalité virtuelle de l’UTC. »