Dossier

32 : La BD, porte ouverte sur l'imaginaire

32 : La BD, porte ouverte sur l'imaginaire

Marion Montaigne, une vulgarisation sans détour

Venir à Compiègne pour CyberBulles l’a tout de suite intéressée : un festival interactif, qui plus est dans une ville qu’elle apprécie, pourquoi refuser ? « Le numérique permet de sortir du cadre parois parfois confidentiel des festivals », souligne cette auteur-illustratrice passionnée depuis son enfance par l’alliance de l’écriture et du dessin. « C’est ma façon de m’exprimer. Et je suis aussi passionnée par la science : je ne peux pas m’empêcher de me documenter et de m’émerveiller des découvertes de la science, qui dépassent la fiction  », explique-t-elle. Ainsi ses dessins, expressifs et dans le mouvement, délivrent avec humour de véritables cours : connaissez-vous les différents états psychique de l’astronaute ? Ils sont expliqués en détail et en dérision sur la page d’accueil de son blog. Trois tomes de BD ont été édités depuis ses débuts sur internet : « Tu mourras moins bête », sous-titrés « Mais tu mourras quand même ».

Apporter une mise en scène à la science

« La science apporte des réponses intelligentes à des questions concrètes. J’ai un faible pour la biologie, qui explique simplement le fonctionnement du corps humain, sans pipeau et sans cachoterie, dans toute sa vérité  », défend Marion Montaigne. Son dessin sert cette vision, crue mais toujours juste et drôle. Car l’auteur se renseigne, et chaque planche fait l’objet de recherches dont la bibliographie vient clore les aventures du professeur Moustache.
« La BD apporte une image, une mise en scène à la science. Quand un chercheur m’explique ses recherches, je les visualise pour mieux les comprendre, les appréhender. Cela rend la science moins intimidante, plus accessible, quand les globules blancs utilisent un langage familier et ressemblent à des flics et non à des graphiques sur PowerPoint®. Le lecteur peut se les approprier », souligne Marion Montaigne.
Comment les scientifiques accueillent-ils cette vulgarisation parfois très éloignée, dans la forme, du monde des publications ? « Ils sont indulgents, et perçoivent bien, chez moi, tout l’intérêt que leurs travaux suscitent, que j’arrive, fascinée, avec de bonnes intentions. Ils comprennent qu’il vaut mieux être, dans certains cas, approximatifs que perdre tout le monde en cours d’explication. Si mes dessins donnent l’envie d’approfondir sur un sujet, alors c’est gagné !  »

« Il faut que ce soit visuel »

Beaucoup de professeurs lui demandent d’ailleurs de pouvoir utiliser ses BD pour leurs cours. Marion Montaigne, qui repousse encore l’invitation à une autopsie, passe du temps avec les chercheurs qui, petit à petit, étoffent ses connaissances en entomologie, en astrophysique, en médecine, en biomécanique… « On me dit qu’il faut que je traite davantage la physique et les mathématiques. Mais il faut que ce soit visuel. Il faut que je voie tout le potentiel de gags et que je puisse tirer la ficelle pour traiter d’un sujet et me faire plaisir. Parfois je ne vois rien !  »
Depuis 12 ans, ses dessins ont gagné en notoriété. Partie d’un blog, dont le succès tient au bouche à oreille et à la magie de la diffusion sur Internet, Marion Montaigne s’attaque aujourd’hui au dessin-animé. Le premier est dans les cartons, pour sortie prévue pour fin 2015. Lors de CyberBulles, elle compte bien rencontrer quelques enseignants-chercheurs de l’UTC !