Dossier

12 : La pédagogie UTC : facteur d'émergences nouvelles

12 : La pédagogie UTC : facteur d'émergences nouvelles

Des ateliers de résolution de problèmes adaptés aux besoins des entreprises

Et si l’une des portes d’entrée à l’innovation au sein de l’entreprise consistait en l’amélioration des conditions de travail et la prévention des risques ? Fort de cette hypothèse, l’UTC a instauré depuis 2004, à la demande d’industriels*, un nouveau système de formation/action, « visant à réunir les compétences et l’imagination des élèves-ingénieurs, l’expérience des industriels et celles des enseignants-chercheurs en vue de développer ensemble des solutions de conceptions innovantes concernant les lieux de travail, bâtiments, procédés, équipements et bonnes pratiques associées » expliquent Michel Le Chapelier et Pierre Henri-Dejean, enseignants-chercheurs à l’origine du projet. Récemment, cette formule de partenariat a séduit l’Affinage de Pont Saint Maxence (APSM) (cf. ci-dessous), société spécialisée dans la valorisation des déchets de plomb. Les préoccupations de la direction étaient alors multiples, de la livraison des produits plombeux à l’allongement de la durée de travail de ses employés, en passant par la multiplication des comportements à risque. « En moins de deux semaines, nous avons ainsi élaboré et remis à l’industriel un road map identifiant ses forces et faiblesses dans le domaine, et imaginant toutes les améliorations possibles à travers des solutions personnalisées » détaille un étudiant-ingénieur. Santé, sécurité, qualité, environnement… Tous les domaines d’activité auront été abordés par la douzaine d’étudiants-ingénieurs de l’UTC en charge du projet. « Nos profils et parcours respectifs nous amènent à développer des regards différents sur une même problématique pour proposer des solutions originales et complémentaires face à une réalité industrielle souvent complexe » confie, quant à elle, une étudiante. Une pluridisciplinarité au service de la compétitivité des entreprises.

* avec le soutien de la région Picardie, de l’ANACT (Agence Nationale de l’Amélioration des Conditions de Travail) et l’aide de l’ARACT Picardie

Trois questions à M. Lhomme, directeur de l’Affinage de Pont Saint Maxence (APSM).

Pourquoi avoir fait appel aux ateliers interdisciplinaires des résolutions de problèmes de l’UTC ?

L’APSM est engagée depuis de longues années dans des démarches volontaires de progrès en matière d’environnement, santé et sécurité. Nous souhaitions cependant engager de nouvelles actions innovantes afin de développer et promouvoir un environnement de travail plus sûr et agréable pour nos salariés. La direction d’APS a donc, assez naturellement, été séduite par les ateliers interdisciplinaires de résolution de problèmes développés à l’UTC, qui allient selon moi une fraicheur d’approche et un contact facilité, plus spontané et assurément moins formel qu’avec des consultants professionnels, entre le personnel et les élèves-ingénieurs en charge de l’étude.

À quels besoins souhaitiez-vous faire face en priorité ?

Nous souhaitions, dans une démarche d’amélioration continue, ouvrir notre réflexion sur l’extérieur dans les domaines de la sécurité et de la santé au travail, avec si possible un certain niveau d’exigence et de compétences. L’idée sous-jacente était également de mobiliser notre personnel à travers une action qui "marque" et d’offrir à l’extérieur une vision renouvelée de notre métier. L’activité d’APSM, à savoir le recyclage des accumulateurs électriques au plomb, bien que bénéfique pour l’environnement et signe de maturité écologique, souffre néanmoins d’un déficit d’image.

Quelles ont été les principales solutions préconisées par les étudiants-ingénieurs ?

La richesse et la variété des sujets qui ont été balayés (pénibilité - santé, flux - circulation, formation - process) sont telles que nombre de solutions ont pu être envisagées. Certaines d’entre-elles pourront d’ailleurs très prochainement être mises en place. Je pense en particulier au plan de circulation au sein de l’entreprise qui va être amélioré, à l’aménagement des flux qui peut être repensé ou encore à la signalisation qui va être renforcée. Les aménagements visant à réduire la pénibilité des manutentions seront également privilégiés, tout comme la valorisation des acquis de l’expérience (VAE) de notre personnel.