Portraits

Passionnée et reconnaissante

Après deux mois de stage à Stanford, la directrice du laboratoire lui propose d’intégrer l’équipe. Diplômée en génie biologique, Fanny Chapelin travaille donc depuis 2 ans au laboratoire Daldrup-Link et vient de recevoir le prix Ingénieur de l’année pour la science décerné par L’Usine Nouvelle.

Passionnée et reconnaissante

A l’UTC, où elle a passé « les meilleures années de sa vie », Fanny Chapelin suit la filière « Conception et innovation de bioproduits ». Son premier stage, dans l’entreprise Guerbet en France, la familiarise avec les produits de contraste et lui ouvre les portes des Etats-Unis. « Guerbet travaillait avec un laboratoire américain qui proposait une offre de stage. Ayant beaucoup voyagé durant toute ma scolarité, j’étais peu enthousiaste à l’idée de déménager aux Etats-Unis, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il s’agissait de Stanford ! », raconte Fanny Chapelin qui, finalement, ne rentrera en France que pour soutenir sa thèse de fin d’études.

Marquer les cellules souches par intraveineuse

A Stanford, la jeune chercheuse se penche plus spécifiquement sur un produit de contraste, le ferumoxytol, qui permet de suivre le devenir d’un implant remplaçant de l’os ou du cartilage dans le corps humain. Depuis une dizaine d’année, le laboratoire Daldrup-Link travaille sur cette substance – à l’origine un complément en fer destiné aux personnes anémiques. « La moelle osseuse de ces personnes apparaissait en noir à l’IRM, permettant d’envisager le ferumoxytol comme produit de contraste. Je développe une technique qui permet de marquer des cellules souches par intraveineuse », explique Fanny Chapelin. Si l’implant apparait en noir par rapport au tissu environnant, c’est qu’il est accepté par le corps. Si son image est claire, c’est que le rejet le guette. Fanny Chapelin met au point la possibilité d’injecter le ferumoxytol par intraveineuse, ce qui évite de prélever des cellules souches sur le patient et de les placer en culture afin de les marquer. « Ces manipulations alarmaient les chirurgiens, frileux à l’idée de recourir à cette technique qui leur paraissait trop lourde. L’intraveineuse simplifie donc l’utilisation du ferumoxytol. » Les études cliniques ont débuté. « Les produits de contraste pour les implants ont été retirés du marché, souligne Fanny Chapelin. Il existe donc un véritable besoin du côté du monde de la santé. Le ferumoxytol étant déjà commercialisé pour les patients anémiques, son homologation en tant que produit de contraste sera plus simple. D’ici 5 à 10 ans, il pourrait être adopté par le monde médical et permettra d’intervenir rapidement pour, par exemple, remplacer un implant, apportant une réelle amélioration dans la prise en charge du patient. » _

Vers un PhD aux Etats-Unis

Fanny Chapelin est passionnée par son travail. « Notre laboratoire détient des moyens et des outils extraordinaires. C’est une grande chance pour faire avancer la recherche », assure-t-elle. Autre particularité : l’équipe du laboratoire est très internationale. Ses membres viennent d’Inde, du Pakistan, de Russie, d’Iran, d’Allemagne… « Il existe une entraide très forte entre nous, ne serait-ce que pour le vocabulaire en anglais ! » Après avoir vécu sur le campus – « une véritable ville, magnifique et constamment en travaux pour rester à la pointe, où les étudiants peuvent vivre sans avoir besoin de franchir l’enceinte » – Fanny Chapelin a déménagé en dehors de Stanford. Elle est revenue quelques jours à Paris pour recevoir le prix de l’ingénieur de l’année pour la science, décerné par L’Usine Nouvelle. « La directrice du laboratoire nous encourage à participer au maximum d’événements susceptibles de donner de la visibilité ou des financements à nos recherches. C’est pourquoi j’ai postulé à ce prix mais sans penser une minute que j’obtiendrais un tel résultat. J’ai à peine deux années de carrière », explique-t-elle, enthousiaste. Fanny Chapelin tenait à remercier Claude-Olivier Sarde, responsable de la filière Conception et innovation de bioproduits à l’UTC. « Outre ses cours toujours passionnants, il prenait soin de nous : il s’est battu par exemple pour que j’obtienne les documents administratifs requis pour Stanford », souligne celle qui postule cette année pour une thèse aux Etats-Unis. « Dans cinq ans, j’espère avoir mon PhD et poursuivre mes recherches en ingénierie tissulaire et en imagerie. L’IRM, en tant que méthode d’imagerie non invasive, connaîtra sûrement un grand développement. » Pour plus d’infos, cliquez ici.

Bio express

  • Juin 2006 : Obtention du bac à Pékin, Chine
  • Sept 2009 : Entrée à l’UTC
  • Juillet 2012 : Diplomée UTC, embauche à Stanford dans le laboratoire Daldrup-link
  • Juillet 2013 : Premier article scientifique publié
  • Septembre 2013 : Première présentation de ses recherches dans une conférence internationale (WMIC, 5000 personnes, Savannah, Georgia)
  • Décembre 2013 : Prix ingénieur de l’année pour la Science Juillet
  • 2018 ? : Doctorat en sciences biomédicales et cellules souches ?