Portraits

Apprendre à oser et innover

Parcours d’une ingénieure UTC qui met son savoir-faire mais surtout son savoir-être au service des performances des entreprises.

Apprendre à oser et innover

Sophie Baratte aurait souhaité faire "médecine". Mais ses parents, qui le lui déconseillent à l’époque, la poussent alors à intégrer le génie biologique de l’UTC. « L’UTC m’apparait a posteriori comme un bon compromis entre la liberté que peut offrir un système universitaire et l’encadrement plus structuré d’une école d’ingénieur, en permettant à ses étudiants de développer des capacités d’autonomie et de responsabilisation » souligne-t-elle. Son diplôme en poche, un de ses professeurs lui propose de poursuivre sa formation par une thèse en immunologie, en contrat CIFRE au sein d’une PME compiégnoise Biosys. « Une époque charnière entre les études et l’apprentissage de la vie en entreprise» indique Sophie, alors en charge d’imaginer un principe de détection d’une bactérie causant des dégâts dans les laiteries. « Avec le recul, cette thèse incarne pour moi le modèle UTCéen dans sa proximité avec l’industrie. J’ai ainsi pu mettre en place un vrai projet d’entrepreneur tout en préservant un ancrage dans la recherche fondamentale ».

Mais au cours de sa thèse, Sophie se pose déjà bien des questions sur son avenir, sur ce qui l’intéresse vraiment. « Je m’étais régalé dans les contacts industriels » se souvient-elle. En dernière année de doctorat, Sophie monte en parallèle avec son frère une société d’import/export entre la France et l’Asie (Taiwan), qui lui permet alors d’aborder la gestion de la relation à l’autre et plus globalement la gestion des ressources humaines. Gérant néanmoins des produits de grande consommation, l’ingénieure UTC se sent peu à peu orpheline d’un contenu scientifique qui faisait depuis toujours son quotidien. Elle décide alors d’intégrer une société danoise Dako, spécialisée dans le diagnostic du cancer. « Les compétences et connaissances scientifiques acquises au cours de mes études, autant que les qualités relationnelles et communicationnelles que s’attache à faire émerger l’UTC chez ses étudiants, revêtaient enfin tous leurs sens à travers cette expérience professionnelle » commente Sophie.

Mais si les moyens techniques et technologiques utilisés sont bien souvent incontournables pour nombre d’entreprises, Sophie s’interroge quant à elle très tôt sur la place de l’homme dans cette organisation. « Le facteur humain est selon moi indispensable à toute prise de risque. Il faut apprendre aux hommes et femmes qui composent les sociétés à oser et innover, mais aussi leur offrir davantage d’opportunités d’utiliser leur potentiel et savoir-faire». Alors forte de plusieurs expériences successives en management d’équipes et de personnes, l’ingénieure UTC accepte de prendre une des directions nationales des ventes chez Beckman Coulter France, l’un des leaders mondiaux de matériel scientifique de haute technologie dans le diagnostic, la recherche et l’industrie. Puis s’offre à Sophie l’opportunité de suivre un MBA à HEC. Y acquérant les fondamentaux de gestion de société, elle fait le choix d’intégrer dix-huit mois plus tard Bain & Company en qualité de consultante en stratégie puis l’année suivante Johnson and Johnson, l’un des plus importants fabricants au monde de produits pharmaceutiques, de matériel médical, de produits d’hygiène, de santé et de cosmétiques. Aujourd’hui, son premier objectif chez Sorin Group, leader européen des Med-Tech, dans les domaines de la chirurgie cardiaque et du traitement des troubles du rythme cardiaque, a trait aux projets d’équipe et au dialogue. « Le savoir-être est essentiel, confie Sophie. Dans les sociétés, on parle malheureusement beaucoup des résultats financiers comme étant le premier objectif. Or, les performances financières ne sont que le reflet d’une bonne dynamique d’équipe et des performances individuelles ! »